Vampyr

Vampyr

Après « Remember me » et surtout l’excellent « Life is Strange », on attendait beaucoup de la dernière production en date du studio Dontnod. Si le premier cité nous transportait en 2084 dans un Paris futuriste, c’est à la fin de la Première Guerre mondiale, dans un Londres dévasté par la grippe espagnole, que le studio français nous plonge cette fois.

On incarne Jonathan Reid, un chirurgien reconnu internationalement pour ses travaux sur les transfusions sanguines, de retour en Angleterre en 1918 après avoir servi plusieurs années sur le front français. L’intro du jeu met directement dans l’ambiance et c’est dans une fosse commune entouré de cadavres que vous vous réveillez avec une envie insurmontable de croquer la première personne que vous allez rencontrer. Car le Dr Reid va l’apprendre à ses dépens, lui qui soignait les gens, est bel et bien devenu un vampire assoiffé de sang. Pourchassé par la Garde de Priwen qui essaye d’éradiquer les gens de son espèce, il va très vite rencontrer le Dr Edgar Swansea, membre important d’une société secrète qui étudie les vampires. Également directeur de l’hôpital de Pembroke, ce dernier va lui offrir un poste de médecin de nuit, ce qui permettra au Dr Reid de disposer d’un abri sécurisé ainsi qu’un accès aux outils nécessaires pour poursuivre des études approfondies sur le sang, en vue d’en savoir plus sur sa contamination. À partir de là, il va pouvoir mener sa propre enquête pour retrouver la personne qui l’a transformé en vampire, en parcourant les rues de Londres de nuit. Se déplacer dans une capitale londonienne ravagée entre autres par la grippe espagnole et la famine n’est évidemment pas sans risques et vous allez devoir combattre d’autres vampires, des skals (des vampires impurs) ainsi que la Garde de Priwen ou autres malfrats.

Le Pembroke Hospital, endroit crucial du scénario

Assumez la responsabilité de vos actes

On peut difficilement ranger Vampyr dans une catégorie tellement il mélange les genres : action, aventure, RPG, jeu d’enquête, … On pense directement aux jeux Sherlock Holmes et à Murdered: Soul Suspect pour son ambiance pesante.

Comme dans tout RPG qui se respecte, le personnage principal dispose de différentes caractéristiques physiques qui peuvent évoluer au fil de l’aventure (santé, endurance, jauge de sang), mais également de plusieurs techniques de combat axées autour de l’attaque ou de la défense, ainsi que de plusieurs armes qu’il faudra récupérer (pistolet, masse, pieu). On gagne de l’expérience en tuant certains ennemis, en réalisant des quêtes pour quelques personnages, en découvrant divers manuscrits à lire, … rien de bien différent par rapport à d’autres jeux du genre à première vue sauf que Vampyr innove vraiment à ce niveau. Il y a 60 PNJ dans le jeu, répartis dans quatre quartiers de Londres. Chacune de ces personnes  a une valeur en XP que vous pourrez récupérer si vous la charmez. Enfin, par charmer, entendez par là : amener cette personne dans un coin sombre et lui sucer le sang… Plus vous vous lierez à ce PNJ, en lui parlant, en connaissant son passé et ses proches, en réalisant des quêtes, en le soignant, etc., plus cette valeur en XP sera importante. Et c’est là que Vampyr devient vraiment intéressant et propose des choix assez importants : allez vous « charmer » cette gentille infirmière qui ne fait de mal à personne juste pour récupérer de l’expérience ? Et ce soldat qui revient de la guerre, dont la femme vient de mourir et qui a deux jeunes enfants, est-ce vraiment nécessaire de le tuer pour pouvoir augmenter plus vite une caractéristique de votre personnage ? Il devient pourtant difficile de résister à cette manne d’XP qui vous tend les bras, même s’il est possible de terminer le jeu sans sacrifier un seul de ces PNJ (c’est d’ailleurs la voie que j’ai choisie).

Mais attention, tuer quelqu’un ne sera pas sans conséquences. Tout d’abord, certains PNJ sont liés entre eux et le fait d’en supprimer un trop vite pourra empêcher la résolution d’une sous-quête ou fera peut-être disparaitre un de ses proches. Ensuite, plus vous assassinez de PNJ, plus vous entraînez le quartier dans le chaos. En effet, chaque quartier présente un niveau sanitaire (de sain à hostile) : plus celui-ci est bas, plus il y aura d’ennemis dans les rues lors de vos déplacements. Se débarrasser d’une personne clef (il y en a une par quartier) entraînera  la chute du quartier directement au niveau le plus bas. Donc, allez vous suivre la voie du médecin sympa qui soigne le peuple et qui veut le bien autour de lui sans éliminer ceux qui l’entourent ou au contraire allez-vous vous la jouer vampire sanguinaire et provoquer un peu plus chaque jour la chute de Londres du côté obscur ? Dans tous les cas, tout est prétexte à vous faire parcourir la ville de long en large pour découvrir l’histoire de ces soixante personnages et terminer le plus de quêtes annexes afin d’engranger un maximum d’expérience.

London Calling

Heureusement, la carte n’est pas trop grande, mais possède tout de même de nombreuses ruelles et bâtiments explorables, et comme tout se déroule de nuit, il est parfois difficile de bien se repérer, d’autant plus qu’il n’y a pas de mini-map pour vous guider plus facilement, ni de téléportation rapide entre les différents quartiers. Vous trouverez également, lors de vos pérégrinations, divers abris où vous serez en sécurité et dans lesquels vous disposerez d’un établi pour crafter des potions, améliorer vos armes ainsi qu’un lit qui vous permettra de dépenser vos points d’expérience et de vous reposer. Chaque fois que vous dormez et faites donc avancer l’histoire d’un jour, cela modifie le niveau sanitaire des différents quartiers en fonction de vos actions du jour par rapport aux PNJ : soignez ceux-ci en leur offrant un remède gratuit et c’est l’assurance de voir remonter le niveau des quartiers.

En marge de cette exploration, vous serez amené à combattre de nombreux ennemis qui possèdent tous un niveau affiché au dessus de leur tête. Être lvl 15 et se battre contre deux individus de la Garde de Priwen lvl 23 est une erreur que vous risquez vite de regretter. Vous pouvez utiliser une arme dans la main gauche, une autre dans celle de droite, à moins que vous n’optiez pour une masse à deux mains. Quatre capacités au choix et assignables aux gâchettes L/R sont également utilisables : un sort de soin pour vous régénérer en combat, une attaque à distance, un sort de défense, … à vous de choisir. Contrairement aux attaques standards qui utilisent votre jauge d’endurance (qui se vide très vite et qu’il vaut mieux augmenter dés que possible), les capacités spéciales ont recours à une jauge de sang que vous remplirez en mordant vos adversaires ou en utilisant par exemple un pieu dans une de vos mains. Les combats ne sont clairement pas le point fort de Vampyr et on peste contre cette barre d’endurance qui se vide trop rapidement lorsque l’on frappe un ennemi ou réalise une esquive. C’est d’ailleurs cela qui m’a en partie motivé à garder un niveau sanitaire positif pour éviter d’augmenter le nombre d’ennemis dans les rues.

La musique dans la peau

Graphiquement, le jeu est assez inégal et ne vous décrochera pas la mâchoire, surtout que comme toute l’histoire se passe dans la pénombre, on ne profite pas vraiment des différents décors. On aurait aimé des visages un peu mieux modélisés également et plus expressifs. Alors que sur PC, le jeu tourne à 60 FPS sans devoir posséder une grosse config, sur console Vampyr peine à afficher les 30 FPS de manière constante. Ce n’est pas vraiment gênant mais le jeu aurait pu bénéficier d’une optimisation supplémentaire sur console. Mon dernier reproche concerne certains temps de chargement un peu longs par moments, en particulier lorsque vous mourez.

Par contre, l’ambiance sonore générale ainsi que la musique d’Olivier Derivière collent parfaitement au dernier titre de Dontnod et sont dans la lignée de leurs anciennes productions. Tantôt haletante, tantôt angoissante, la bande son reflète parfaitement l’état d’esprit du Dr Reid, sans pour autant se faire trop présente. Je vous conseille l’excellent article que Spacecowboy a consacré à Olivier Derivière sur notre site où vous pourrez en découvrir également plus sur son travail sur Vampyr. Un soin tout particulier a également été apporté aux doublages anglais et renforce l’immersion dans un Londres typique du début du 20ème siècle. Le jeu possède également une très bonne durée de vie, et même s’il doit être possible de le boucler en 15-20h en ligne droite, vous devrez compter facilement le double si vous prenez la peine de résoudre chaque quête et de parler à tous les PNJ.

Londres respire la gaieté et la joie de vivre

Note

15/20

On ne s’attache pas vraiment au héros principal de Vampyr, mais on réfléchira à deux fois avant de supprimer un des soixante personnages du jeu, tellement on les prend en pitié dans ce Londres où il ne fait clairement pas bon vivre. Malgré un système de combat pas très emballant, on reste happé par cet univers malsain et cette recherche de vérité dans ce mélange d’enquête et d’aventure.

Réactions

    • Press-Start le 06/07/2018
      Press-Start

      Non, c’est plutôt un action-RPG avec un système d’enquête.

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  • Redax le 07/07/2018

    Gatchan77, thanks so much for the post.Much thanks again. Really Cool.

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  • gazza8 le 13/07/2018

    « action-RPG » : donc c’est plus dynamique que « Life is strange » ? Car j’ai trouvé ce « walking novel » soporifique …

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    • Gatchan77 le 13/07/2018

      Oui c’est bcp plus action que Life is strange, il y a pas mal de combats.

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