Crash Team Racing: Nitro-Fueled

Crash Team Racing: Nitro-Fueled

Il y a deux ans, Activision offrait aux fans un remake complet des trois premiers opus de Crash Bandicoot : la N-Sane Trilogy. Un an plus tard, ils récidivaient avec les trois premiers Spyro dans sa Reignited Trilogy. C’est en toute logique que les fans espéraient – à raison – le même traitement pour Crash Team Racing, ce « Mario Kart-like » dans l’univers du marsupial de la PlayStation. Pour ses 20 ans, puisque l’opus d’origine est sorti en 1999, CTR s’est donc lui aussi payé un lifting. Mais que vaut donc ce Crash Team Racing: Nitro-Fueled 20 ans plus tard ? Est-il toujours aussi bon ou n’a-t-il pour lui que la nostalgie ?

Un jeu de kart original

Crash Team Racing aurait pu n’être qu’un jeu de kart de plus, mais ses créateurs originaux, Naughty Dog, ont eu l’idée de lui offrir un mode aventure, à l’instar d’un Diddy Kong Racing. Plutôt que d’enchaîner bêtement les coupes dans différents modes de difficulté, Crash et ses amis devaient faire la course pour élire le pilote le plus rapide, celui qui ira affronter Oxide, un extra-terrestre qui veut transformer la terre en parking.

Notre quête nous amènera à visiter 4 mondes contenant chacun 4 circuits qui, une fois remportés, donnent accès à une course contre un boss. Boss qui nous donne une clé ouvrant la zone suivante. CTR a aussi la bonne idée d’offrir de la rejouabilité en nous faisant recommencer les courses pour récolter les lettres C, T et R et battre des chronos. Il y a aussi 4 arènes dans lesquelles il faudra récolter des cristaux dans le temps imparti. Tout ceci réalisé, dans la 5ème zone s’ouvriront alors des coupes qui débloqueront deux nouvelles pistes et la vraie course de fin qui renverra Oxide d’où il vient.

Mais la vraie différence de CTR réside dans sa gestion du turbo. Contrairement à un Mario Kart ou à Team Sonic Racing, il ne suffit pas de déraper pour charger le turbo. Dans CTR, deux boutons sont alloués aux sauts et aux dérapages. À notre guise il faudra en utiliser un et appuyer sur le second au bon moment pour bénéficier d’un boost, jusqu’à 3, ce dernier étant toujours plus puissant. Cette technique est ultra importante et sans elle, il sera très difficile de terminer le jeu dans un autre niveau que facile.

Du neuf avec du vieux

À tout ça s’ajoutent le mode bataille et le mode chrono. Bref, CTR était un jeu avec du contenu auquel Beenox en a encore ajouté. Piochant dans Crash Nitro Kart, suite plus qu’oubliable sortie sur PS2 en 2003, le nouveau CTR nous permet de nous affronter sur des circuits tirés de cet opus qui bénéficient du même lifting aux commandes de personnages eux aussi issus de CNK et que seuls les vrais fans reconnaîtront. Nous pouvons aussi customiser les karts en changeant le châssis, la peinture, le motif et les roues. Fort heureusement, ces modifications n’influent pas sur les stats du pilote ; nous ne serons jamais, comme dans Mario Kart, frustré de ne pas pouvoir utiliser un élément qui ne colle pas à notre type de jeu.

Ces éléments visuels se débloquent de plusieurs manières. En remportant des courses ou en les achetant à « L’arrêt aux stands », qui est une boutique où nous irons dépenser la monnaie virtuelle glanée en jeu. Petit bémol, le contenu de cette boutique change régulièrement et pour y accéder et la voir se mettre à jour, une connexion internet est requise, pareil pour la monnaie à gagner en course, on ne gagne rien si on est hors ligne. Bien dommage pour une console nomade comme la Switch.

CTR se veut être un jeu soutenu par ses concepteurs. Pour garder la communauté active, des saisons seront régulièrement proposées aux joueurs et la première a déjà débuté. Chaque saison apportera un nouveau circuit inspiré de l’univers de Crash ainsi que de nouveaux éléments de personnalisation et même de nouveaux personnages. Spyro le Dragon est présent sur certains visuels et serait prévu pour la saison 2.

Le même en mieux ?

Les fans hardcore du premier CTR étaient en droit d’attendre, au regard du traitement accordé aux précédents remakes, un jeu identique mais en mieux. Sur ce point, Beenox s’est clairement appliqué à restituer l’expérience d’origine, cependant ils ont au passage corrigé et équilibré des éléments qu’ils devaient juger mauvais. Certains raccourcis qui abusaient des limites du jeu n’existent plus, le personnage secret de Penta le Pingouin jugé non terminé a été équilibré, la physique n’est plus la même et les sauts et dérapages (essence même du jeu) sont bien différents… Bref, nous avons eu d’énormes difficultés à oublier comment jouer pour tout réapprendre. En définitive, après avoir beaucoup pesté sur le jeu en l’accusant d’être foireux, avec l’habitude, nous y avons malgré tout pris autant de plaisir qu’il y a 20 ans.

CTR se voit aussi doté d’un mode en ligne mais qui manque clairement de finition et qui était clairement une catastrophe à la sortie du jeu. Lag, déconnexions, adversaires qui se téléportent, désynchronisation des animations et effets des armes… À l’heure où nous écrivons ces lignes, deux semaines après la sortie, quelques mises à jour ont été déployées mais le résultat est encore loin d’être parfait. Nous nous retrouvons par exemple régulièrement déconnecté après une course, sans aucune raison. Outre ces soucis de stabilité, de nombreux joueurs ont fait savoir qu’ils apprécieraient de pouvoir disputer des coupes complètes en ligne. Pour le moment, seules les batailles et les courses uniques sont possibles et les temps de chargement très longs entre chaque course ternissent un peu l’expérience.

Testé sur Switch, CTR s’est montré stable et n’a que très rarement mis la console à genoux, pour un résultat visuel irréprochable malgré un affichage en 480p en portable qui se trahit sur les screenshots qui pixelisent affreusement. Le jeu s’en tire un peu mieux une fois la console dans son dock puisque l’affichage passe alors en 720p. Le gros point noir réside dans les temps de chargement affreusement longs, alors qu’ils étaient le point fort de la N.Sane Trilogy sur Switch par rapport à la version PS4.

Note

16/20

Difficile de noter ce CTR tant l'affectif prend le pas sur la raison. Différent d'un Mario Kart dans son approche et dans son univers, il offre le plaisir de jouer enfin à autre chose que le MK8 qu'on se traîne depuis la Wii U et il explose le récent Team Sonic Racing. Tout le monde y trouvera de quoi s'amuser, du nouveau joueur au vétéran qui souhaite renouer avec ses souvenirs passés.

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