Kingdom Hearts 3

Kingdom Hearts 3

14 ans et deux générations de consoles. On ne s’en rend pas toujours compte, surtout vu le nombre d’épisodes intermédiaires et de compilations sorties depuis, mais c’est bel et bien ce laps de temps qui sépare les sorties de Kingdom Hearts 2 et 3. On ne peut pas nier que ces dernières années, Square Enix a joliment préparé le terrain pour la sortie du KH nouveau avec des remaster HD distribués sur PS3 et PS4 dans diverses compilations aux titres toujours plus improbables – une démarche poursuivie jusqu’au bout avec le prologue de ce troisième opus d’ailleurs – visant à nous proposer de centraliser l’expérience Kingdom Hearts sur un seul support.

On retrouve les transformations de Keyblade du second opus

L’idée est d’ailleurs louable tant – et attention spoiler, parcourir Kingdom Hearts 3 ne manquera pas de vous le rappeler – la saga s’est « éparpillée » sur plusieurs supports (citons en vrac Playstation 2, PSP, Gameboy Advance, DS, 3DS et jeux mobiles) sans jamais cesser de raconter son histoire. Du coup, la licence créée conjointement par Square Enix et Disney n’a jamais été réellement absente de nos consoles malgré ce long délai séparant les opus « principaux » et pourtant la sortie d’un nouvel opus nous avait semblé prendre une éternité – comme bien souvent avec les projets de Tetsuya Nomura…

1.5 + 2.5 + 2.8 = 3

Autant le dire tout de suite, si vous vous étiez contenté de jouer à Kingdom Hearts 1 et 2, ce qui fonctionnait à l’époque malgré la sortie d’un épisode intermédiaire, Chains of Memories, passer simplement de KH2 à KH3 ne se fera pas sans mal pour raccrocher les wagons. C’est « dommage » car dans sa structure et ses mécaniques, ce troisième opus est dans la parfaite lignée des deux opus chiffrés parus sur PS2 respectivement en 2002 et 2005 et aurait parfaitement pu plaire à un large public si ce dernier ne se sentait pas régulièrement largué dans une histoire complexe faisant constamment référence aux évènements de tel ou tel opus.

Un mode photo / selfie est disponible

Suite donc aux évènements relatés dans les différentes compilations 1.5, 2.5 et 2.8, nous retrouvons un Sora qui a perdu ses pouvoirs après avoir déjoué les plans de Xehanort et cherche à sauver Roxas avec l’aide de Donald et Dingo, tandis que Mickey et Riku partent à la recherche de Aqua portée disparue. Bien que quelques petites nouveautés viennent enrichir la formule, comme par exemple Ratatouille qui reprend peu ou prou le rôle de Ignis dans FFXV afin de nous préparer des plats avec les ingrédients récupérés en exploration pour obtenir des bonus de statistiques, on retrouvera vite ses marques niveau gameplay, Kingdom Hearts restant après tout cet Action RPG dynamique et coloré légèrement bordélique où le joueur est invité à revisiter les films Disney dans des mondes envahis par les Sans Cœur, ces créatures du mal venues mettre des bâtons dans les roues des héros Disney.

Le monde de Raiponce aux airs de Dragon Quest

It’s dangerous to go alone

Oui, je l’assume, j’ai bien dit bordélique. Car s’il y a bien quelque chose qui m’a sauté aux yeux quand j’ai rejoué à Kingdom Hearts via les différentes compilations ces dernières années, c’est à quel point ses affrontements peuvent vite tourner au joyeux bordel, et c’est encore « pire » dans ce nouvel opus. Un simple constat se dégage assez rapidement en jouant à KH3 : on ne se sent pour ainsi dire jamais en danger lors des combats. Certes, certains combats de boss mettront notre patience à l’épreuve, mais le jeu nous offre constamment des aides pour prendre le dessus sur l’adversaire : transformations des Keyblades, compétences en coopération avec nos équipiers, versions boostées des sorts à force d’enchainer les attaques magiques, interactions avec les décors, invocations de personnages Disney célèbres façon G-Force de Final Fantasy ou encore les attractions, de véritables tours de manège Disneyland meurtriers… Pour nos adversaires, j’ai pour ma part très vite décidé de n’y faire appel qu’en dernier recours tant on a l’impression de rouler sur le jeu à force de se faire tendre la main sans cesse – sans compter que ces pouvoirs font appel à un déluge d’effets spéciaux venant d’autant plus nuire à la lisibilité des combats.

Sora, Donald et Dingo changent parfois d’apparence pour mieux coller aux mondes

C’est dommage car techniquement, la copie de Square Enix est irréprochable. Si le début du jeu – surtout son prologue – peut donner l’impression d’avoir affaire à une version HD de Kingdom Hearts 2 pas si différente de celle que l’on retrouvait dans les diverses compilations, très vite le jeu va nous flatter la rétine. C’est bien simple, si effectivement revisiter des mondes Disney « Classique » nous laisse avec cette impression de lissage HD susmentionnée, le constat est tout autre en explorant des mondes « Pixar » où, que ce soit dans les décors ou dans l’animation des personnages, on a tout simplement l’impression d’avoir lancé le blu-ray du film ! La prouesse est particulièrement épatante et on prend plaisir à retrouver les univers de Toy Story et Monstres & Compagnie pour ne citer qu’eux. La bande originale de Yoko Shimomura alterne avec brio entre compositions originales et réarrangements des thèmes musicaux des films Disney dont sont tirés les mondes proposés, comme un énième rappel que le talent de la compositrice n’est plus à prouver. L’alchimie visuelle et musicale fonctionne plutôt bien et je tenais à tirer mon chapeau aux développeurs pour le travail effectué sur le monde de Raiponce, qui parvient à dégager une ambiance que ne renierait pas Dragon Quest et se parcourt avec plaisir – alors que n’étant pas fan du film, j’attaquais ce monde avec des pieds de plomb !

Un combat en action pour illustrer la débauche d’effets spéciaux

Le sujet qui fait débat

Le choix des mondes met d’ailleurs l’accent sur les films Disney plus récents ou passés à la trappe dans les précédents opus, bien que l’on retrouve par exemple Hercules et les Pirates des Caraïbes. J’en profite pour aborder un sujet qui me tient à cœur, bien que promis je ne tiens pas compte de ce critère dans ma note finale : l’absence de VF pour le jeu ! Alors oui, ça a fait grand bruit sur Internet, avec certains joueurs francophones appelant au boycott pur et simple de Kingdom Hearts 3 pour ce choix déjà opéré par Square Enix sur… et bien à vrai dire toute la saga à l’exception des versions PS2 de Kingdom Hearts et Kingdom Hearts 2, et même si l’appel au boycott est sans doute démesuré, je suis pourtant déçu de l’absence de doublage francophone dans KH3.

Il est possible de débloquer et jouer à de nombreux jeux typés Game & Watch

Pour ma part, l’une des plus grandes forces de Kingdom Hearts est de revivre les dessins animés de mon enfance. Certes, le choix des mondes Disney de ce troisième opus est globalement moins axé sur la nostalgie mais dans un monde comme Toy Story, même si l’ambiance est plutôt chouette avec notre trio de héros transformés en jouets pour l’occasion, j’ai eu un peu de mal à retrouver les Woody et Buzz que je connais et apprécie depuis 1996. C’est pinailler, j’en suis bien conscient, et je ne descendrai pas le jeu sur ce critère purement subjectif, mais quand on voit la qualité de la version française de Final Fantasy XV et le respect des doubleurs d’origine dans les deux Kingdom Hearts PS2 – dont je préfère la voix de Sora – on ne peut que trouver dommage que Square Enix et Disney ne nous aient pas proposé de doublages VF.

Note

16/20

Kingdom Hearts 3 est un bon RPG qui aurait même pu être excellent s’il n’avait pas décidé de laisser sur le bord du terrain les joueurs n’ayant pas eu l’occasion de parcourir l’entièreté des épisodes parus à ce jour. Ses mécaniques de jeu font mouche malgré quelques soucis de confusion lors des combats – des aléas qui sont bien peu de choses face à la direction artistique envoûtante du jeu – et on prend plaisir à retrouver les personnages de la saga et de nos Disney favoris.

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