PC Building Simulator

PC Building Simulator

Les jeux estampillés « Simulator » ont le vent en poupe depuis plusieurs années. Avec des simulations complètes et sérieuses comme Euro Truck Simulator ou Farming Simulator aux plus WTF Goat Simulator et autre simulation de tranche de pain, les joueurs désireux de se plonger dans une vie différente de la leur ne sont pas en reste. Alors, PC Building Simulator, proposant, comme son nom l’indique, de construire virtuellement son propre PC, vaut-il le détour ou n’est-il qu’une vaste blague ?

Technicien informatique dans la vraie vie, il se peut que je m’extasie de choses qui vous paraîtront ridicules et/ou incompréhensibles ou, à l’inverse, que je regrette quelques broutilles. J’utiliserai aussi mon expérience dans mon boulot de tous les jours dans le but d’illustrer le réalisme de cette simulation.

Early access, contenu et partenariat

Comme pour tout jeu en accès anticipé, il est de bon ton de se demander s’il pourra proposer un contenu suffisant pour en profiter un minimum ou s’il sera préférable de patienter un peu avant de passer à la caisse. Rassurons-nous tout de suite, PC Building Simulator bénéficie d’un bon nombre de partenariats avec diverses marques de composants informatiques et propose ainsi un choix, certes assez restreint par rapport à la réalité, mais acceptable de composants pour monter notre machine. Du côté des modes de jeux, rien de fou : un tutoriel pour prendre le jeu en main, apprendre vite fait quelques bases d’informatique et le rôle de chaque composant, un mode libre pour créer sa machine librement de A à Z et un mode carrière.

Ce mode carrière est évidemment le cœur du jeu. Jeune informaticien reprenant la boutique – mal en point – de son oncle, nous aurons pour mission de réparer les ordinateurs de nos clients et d’engranger un maximum d’argent pour pouvoir faire progresser la boutique sans oublier de payer les factures. La gestion des réparations se fait uniquement par e-mail, le magasin ne possédant pas de comptoir. Exclusivement en anglais mais simple à comprendre, pour peu que nous connaissions les bases de l’anglais informatique. Hélas, cette gestion par mail, certainement choisie par facilité, nous prive de la très grande joie – à lire avec un ton ironique – de la gestion du client qui nous demandera directement ce qu’il désire et son prix. Dès lors, à nous de nous débrouiller pour ne pas nous retrouver en perte. Nous ne pourrons malheureusement pas refuser de réparation qui, si elle n’est pas acceptée, restera dans nos mails à jamais et comme nous devons terminer un travail pour en recevoir un nouveau, en avoir un en attente sera très pénalisant.

Métro, boulot, dodo

Comme pour la gestion du client, les achats passent par notre ordinateur. Toujours très basique mais pratique, la boutique classe les composants par catégories : mémoire, ventilateurs, stockage, etc., avec toujours la possibilité d’utiliser un champ de recherche. À la commande, plusieurs délais de livraison : le jour même, le lendemain ou en trois à cinq jours. Forcément, plus la livraison sera rapide, plus elle coûtera cher et, comme le jeu se plaît à vous l’expliquer en début de partie, il sera parfois intéressant de payer plus cher pour tenir les délais, certains clients imposant une échéance de réparation. C’est aussi à ce moment que les mails peuvent se révéler importants, certains clients ayant la bonté d’âme d’être précis dans leurs demandes, mais attention à rester rigoureux. Un client demandant de monter son PC à 500Go de stockage n’a pas forcément besoin d’un disque dur de cette capacité, selon le matériel dont il est déjà équipé. Souvent, il faudra tout de même attendre le lendemain que l’ordinateur arrive pour l’inspecter et commander le bon matériel pour maximiser les rentrées d’argent. Les bons jours, vous aurez la chance d’avoir gardé dans votre inventaire un ancien composant pour le placer sans vergogne au prix fort.

Notre progression sera échelonnée par un système de niveau qui débloquera, à chaque palier, de nouveaux composants ou des améliorations de l’atelier, comme la possibilité d’acheter un bureau afin de travailler sur deux ordinateurs en même temps. Il sera aussi possible d’acquérir des « bonus », à l’image de cette option qui branche automatiquement les câbles à l’ordinateur lorsque nous tentons de l’allumer. Si cela enlève une partie de réalisme, le gain de temps sera considérable puisqu’il faut laisser le clic enfoncé une bonne seconde sur chaque câble avant de devoir encore cliquer durant une bonne seconde sur l’emplacement qui lui est destiné. Le même principe s’applique aux vis et si pour celles-ci le fait de garder le bouton enfoncé semble logique, puisqu’elles doivent être vissées, il est frustrant de passer autant de temps à brancher un câble USB.

Au final, nous entrons dans une routine qui passe à côté de la majeure partie du métier de technicien en informatique : le diagnostic. En effet, jamais vous n’aurez vraiment à chercher une panne, les clients vous donnant directement la solution. Pour les rares ne sachant pas ce qui ne va pas, il suffira de retirer pièce après pièce et d’aller voir dans notre inventaire quelle pièce est indiquée comme hors service. Bien sûr, vous pouvez faire des erreurs en montant une machine, oublier la pâte thermique par exemple ou, comme nous l’avons vécu, négliger de remettre le refroidissement du processeur. Selon les cas, l’ordinateur ne démarrera tout simplement pas ou fera le fameux blue screen of death, le BSOD pour les intimes.

Encore à peaufiner

Ne nous mentons pas, PC Building Simulator est certes fonctionnel, mais il est loin d’être terminé, ce qui rend toute notation impossible. Cela semble une évidence pour un titre en accès anticipé depuis le 27 mars 2018, il lui reste bien des points à améliorer comme les contrôles, impossibles à modifier et en QWERTY par défaut ; il faudra modifier la disposition du clavier dans les paramètres Windows ou jouer avec les flèches. Les graphismes aussi sont à revoir, ternes et tristes, ils ne brillent pas par leur beauté mais aucun doute que PC Building Simulator continuera à progresser, le jeu étant régulièrement patché avec du nouveau contenu comme l’arrivée des configurations à deux cartes graphiques. Peut-être pas (encore ?) suffisant pour apprendre l’informatique aux novices et leur être accessible, le jeu se destine surtout à ceux ayant les bonnes bases qui ne cherchent pas le reflet de la vraie expérience de technicien. Pour le moment.

Réactions

  • Spacecowboy Be le 16/04/2018
    Spacecowboy Be

    Sans vouloir me prendre pour un technicien informatique, je me demandais si le jeu était intéressant pour les ignorants comme moi qui voudraient monter leur propre PC. Est-ce que le jeu est une bonne base pour savoir quels composants utiliser, comment bien les combiner, comment éviter la surchauffe, etc. ?

    Répondre
    • Vincent Moureau le 16/04/2018
      Vincent Moureau

      Tu peux t’en sortir en apprenant par l’erreur, mais effectivement le jeu ne t’indique pas vraiment à quoi faire attention. Par exemple, carte mère HS, l’important est de faire en sorte que ton processeur et ta ram soient compatibles. Si le jeu filtre ton inventaire pour te mettre que ce qui fonctionne ensemble, ce sera pas le cas dans le shop et à aucun moment il te dit « Attention, le socket est un LGA 1151, il t’en faut un identique »

      Répondre
    • Spacecowboy Be le 16/04/2018
      Spacecowboy Be

      Mais si on monte un PC qui fonctionne dans le jeu, on est bien sûr qu’il tournera correctement dans la vraie vie, c’est ça ?

      Répondre
    • Vincent Moureau le 16/04/2018
      Vincent Moureau

      D’un pur point du vue de la compatibilité des composants ensemble, oui. Après y’a de grosses facilités qui sont prises sur le montage.

      Par exemple, dans le jeu tu poses la carte mère dans le PC, puis tu ajoutes RAM, refroidissement, etc alors qu’en réalité, il vaut mieux mettre les ram, le CPU et le refroidissement en la gardant à plat sur la table. Niveau du cablage pareil, le ejeu gère ça un peu à l’arrache :p

      Répondre
    • Spacecowboy Be le 16/04/2018
      Spacecowboy Be

      C’est dommage ça. Comme le jeu t’oblige à visser certains éléments en laissant le bouton de la souris enfoncé, j’aurais trouvé ça intéressant que tout le montage soit réaliste sur le plan pratique. Quitte à enlever tous ces détails quand le joueur a compris.

      Répondre
    • Vincent Moureau le 16/04/2018
      Vincent Moureau

      D’un autre côté resté cliqué sur le cable pour le connecter c’est pas logique non plus 😀

      Répondre
    • Spacecowboy Be le 16/04/2018
      Spacecowboy Be

      Devoir tourner la souris vers le haut ou vers le bas pour trouver quel est le bon sens du câble USB, qui n’est jamais celui qu’on essaie la première fois, ça ce serait du réalisme 🙂

      Répondre
    • Vincent Moureau le 16/04/2018
      Vincent Moureau

      (Sinon, c’est ma mère qui avait trouvé l’astuce, elle regarde à ce que le petit symbole du cable USB soit vers le haut, mais ça marche moins bien quand les connecteurs sont verticaux ahah)

      Répondre

Laisse un commentaire

* champs obligatoires