My Hero One’s Justice 2

My Hero One’s Justice 2

Des nouveaux venus à l’académie des héros !

Voici donc venir la suite des aventures d’Izuku, avec toujours Byking et Bandai Namco aux commandes. Un retour à l’académie plutôt chaotique avec un jeu qui peine à se trouver et s’adresse à une plus jeune communauté de joueurs. Mais passons plutôt à l’autopsie du patient !

Un Plus Ultra pas si extra…

Le développeur du jeu Byking ne vous dira sûrement rien, sauf si vous avez joué à l’opus précédent. En effet, le studio s’est surtout illustré sur les bornes d’arcade japonaises. Par contre, inutile de rappeler que Bandai Namco n’en est pas à son premier jeu de combat d’arène 3D ! Force est de constater qu’on a beau posséder des licences lucratives, tous les studios ne sont pas performants à tous les stades. Et c’est clairement le cas de ce My Hero One’s Justice 2 qui peine à convaincre à énormément d’égards.

Surfant sur le succès de la série My Hero Academia, cette suite prolonge l’intrigue du nouvel opus avec de nouveaux arrivants. Malheureusement, la narration du mode histoire est une suite d’images du dessin animé agencée en cases de bande dessinée parfois légèrement animées… En effet, le gros de ce que pourrez voir comme cinématiques sera lorsqu’un combattant lancera une attaque spéciale… Un comble ! À noter que certaines missions du mode histoire ne sont que des cinématiques (enfin un roman-photo animé) qui auraient pu être intégrés dans d’autres.

Et on ne s’arrête pas à un mode histoire bâclé, les menus et l’interface sont dignes d’une application pour téléphone, les temps de chargement en prime à chaque nouvel écran à afficher. Et vous n’aurez droit qu’à deux personnages qui apparaissent à tour de rôle dessus…

Vous passerez la majorité du temps à observer ce personnage prendre deux poses différentes...
L’écran de chargement tant récurrent

La manette en main, le joueur est guidé comme dans les premiers pas d’un jeu pour mobile. Tantôt envoyé en combat dans un didacticiel vite fait bien fait, tantôt envoyé dans le menu de personnalisation pour découvrir la profondeur du terrier… Chaque nouvelle action est ponctuée par le Mic Channel, qui consiste en une suite d’écrans vous expliquant brièvement les possibilités du mode dans lequel vous vous lancez.

Le MIC CHANNEL !

Et pour ce qui est du contenu, la paresse a fait son office aussi car à part les modes story, arcade et multi indissociables de ce genre de jeu, vous n’allez avoir comme seul amusement qu’une collecte considérable d’objets de personnalisation la plupart du temps complètement inadéquats et plutôt enfantins. Et ce n’est pas la collection de titres ou d’éléments de la carte de personnage qui viendront vous égayer, ils s’avèrent vite peu originaux. Sachant qu’ils coûtent très chers par rapport aux gains du joueur, on y réfléchira à deux fois avant de les acheter dans la boutique et on espérera, souvent en vain, les débloquer en récompense de nos nombreux combats.

Tant qu’on parle des combats, nous sommes en présence d’un système on ne peut plus classique. Une touche permet d’enchaîner les attaques facilement. Même s’il est possible de désactiver cette aide, force est de constater que les combos automatiques sont souvent plus efficaces que les manuels. Deux autres touches sont consacrées à l’alter de votre combattant (ses super-pouvoirs). Et comme le veut la norme, ajouter n’importe quelle direction à l’une de ces attaques la fera varier. On devra jouer à une sorte de pierre-feuille-ciseau en choisissant entre des attaques rapides qui stoppent les attaques imblocables de l’adversaire, des attaques de contre qui procurent une petite armure et les fameuses imblocables qui sont soit des projections, soit des coups appuyés. Reste un double saut, un dash, une esquive et une parade gérée par une jauge. Sans oublier le Plus Ultra, véritable jauge de super coup qui compte trois niveaux. En oubliant que dans le lore de My Hero Academia, il est réservé à une poignée de combattants, ces attaques ont le mérite d’être bien réalisées. Certains combats vous permettront aussi d’utiliser jusqu’à deux acolytes, principe canonique des personnages qui assistent le personnage principal via une jauge d’aide, afin de lancer des attaques de soutien ou même de lancer leurs propres super attaques en échange d’un peu de votre barre de Plus ultra. Vous aurez aussi l’occasion de lâcher une attaque ultime où les trois combattants mélangeront leurs attaques. On assiste alors souvent à un désordre organisé complètement saccadé !

Le tout peine à convaincre tant certaines actions sont résolues parfois de façon aléatoire. On obtient de gros soucis d’équilibrage quand on se rend compte que certaines attaques gagnent en avantage en étant lancées au bon moment ou encore qu’en spammant un certain bouton, l’adversaire n’a aucune chance. On peut aussi observer certains ennemis IA se balader autour de vous alors que d’autres vous écraseront sous des charges incessantes. Optimisation, quand tu nous tiens (ou pas).

Comme beaucoup de jeux de ce style, le tout est haut en couleur et fidèle au design de l’animé. Par contre, on peut constater les écueils de la plupart des jeux du style : la surenchère visuelle nuit souvent à la visibilité quand ce n’est pas la caméra capricieuse qui se livre à des mouvements audacieux ! De plus, le moteur physique semble être plutôt daté quand on constate des saccades ou des baisses de framerate sur des animations de victoire ou de Super coup en combat.

Une PlayerCard, une

Le mode arcade, quant à lui, ne consiste qu’à retourner des cartes représentant le combattant suivant, entrecoupées d’une carte One’s Justice qui ne sera en fait qu’un adversaire en rapport avec votre combattant. Vous l’avez vu venir le mode bricolé en vitesse pour ajouter du contenu…

Pour le multi, les choses se gâtent ! Ne parlons pas du netcode déplorable (oups, trop tard) qui malmènera la fluidité du combat. Quand ce n’est pas carrément le combat qui subira les foudres d’un jeu mal optimisé… Au moins, Byking n’aura pas oublié la convivialité d’une borne d’arcade en proposant la possibilité de jouer jusqu’à 4 en même temps. Deux joueurs s’affronteront, alors que les deux autres devront gérer les attaques des acolytes. Une idée anecdotique mais qui a le mérite d’exister.

Les joies du jeu en réseau

Impossible de ne pas faire le parallèle avec ces nombreuses applications mobiles qui proposent un contenu famélique, la possibilité d’acheter la monnaie du jeu pour au final débloquer des éléments dispensables très coûteux, un habillage paresseux au doux son de minimum syndical, un système de combat qui renvoie aux premières productions de Bandai Namco sur PS2, … Je dois être soit trop vieux, soit pas rodé sur ce genre de jeu de combat ou pas assez fan de My Hero Academia. Je crois surtout que nous sommes une fois de plus en présence d’un produit fait avec très peu de moyens afin de générer un maximum de bénéfices autour d’une licence qui attirera les plus jeunes moins regardants. Carton rouge, un mauvais point ou au coin, à vous de voir, mais à part aux collectionneurs de jeux vidéo adaptés de mangas, ce jeu ne risque pas de plaire à grand monde !

Note

8/20

Une suite sans âme et sans implication. Quand les licences à succès rencontrent les profiteurs... Même les fans se sentiront trahis par le peu de profondeur d'un jeu sur leur univers !

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