Metro Exodus

Metro Exodus

Après Metro 2033 et Metro Last Light, le studio ukrainien 4A Games nous replonge de nouveau dans son univers post-apocalyptique, dans une Russie ravagée par une guerre nucléaire. Edité par Deep Silver, Metro Exodus se veut moins linéaire que les deux opus précédents, car nous quittons cette fois le métro moscovite pour parcourir les plaines de la Russie, en quête d’une vie meilleure.

La saga Metro est une adaptation des romans à succès de Dmitri Gloukhovski (Métro 2033, 2034 et 2035), et Metro Exodus se déroule un an après les évènements du dernier livre. L’histoire originelle est centrée autour de Artyom, un des rares survivants qui se terrent dans les souterrains du vaste métro de Moscou, vingt ans après l’apocalypse nucléaire qui a détruit la Russie et une partie de la planète. La population restante vit tant bien que mal de manière autonome, dans les différentes stations aménagées comme de petites villes, alors que la surface quasi inhabitable est peuplée de créatures étranges et hostiles, appelées les Sombres. Même si la guerre semble finie, la vie dans le métro n’est pas des plus paisibles, et différentes confédérations (nostalgiques de l’époque communiste, néo-nazis, trotskistes, sectes, …) se déchirent pour contrôler la population et leurs maigres ressources.

Dans Metro Exodus, Artyom, sa femme et quelques rangers quittent définitivement Moscou pour voyager vers l’est, à bord d’une locomotive qu’ils ont baptisée Aurora, en vue de trouver un endroit habitable et plus tranquille. On taira bien évidemment les événements qui amènent à ce départ, mais il semblerait que, finalement, la vie soit possible loin du métro moscovite.

On sort du métro

Jusqu’à ce dernier opus, la saga Metro avait toujours été un mélange entre un jeu de tir à la première personne et un survival horror dans l’esprit de Dead Space. On arpentait les couloirs sombres du métro de façon linéaire, pour passer de station en station, en dézinguant au passage araignées, mutants ou factions hostiles. De temps en temps, le jeu nous proposait une mission à la surface pour sauver quelques personnes, récupérer des informations ou de l’équipement nécessaire au bon fonctionnement de Moscou.

Metro Exodus délaisse partiellement ce côté cloisonné et claustrophobe pour des zones beaucoup plus vastes se déroulant principalement en extérieur. En effet, le jeu est ici divisé principalement en quatre zones, symbolisées par une saison, que l’on traversera à bord de l’Aurora : une région marécageuse, une contrée désertique, un territoire forestier ou enneigé. Quelques missions annexes et facultatives vous seront cette fois proposées pour améliorer votre équipement et votre survie (secourir une personne, fouiller un endroit, récupérer un objet), et vous serez libre de parcourir par moments certaines des différentes régions, tout en étant guidé par la trame principale. On retrouve tout de même un côté Dead Space dans la mesure où vous devez gérer avec économie vos munitions et fouiller le moindre endroit pour récupérer le plus de ressources ou par le fait qu’aucune jauge, barre de vie ou information n’est affichée à l’écran (à l’exception d’un compteur Geiger sur votre bras et d’une montre indiquant l’heure ou votre réserve d’oxygène pour votre masque à gaz), renforçant du coup l’aspect réaliste et immersif.

L’infiltration est ici également mise en avant, tout en vous proposant le choix d’accomplir chaque mission de manière plus brutale. Mais vos actes ne seront pas sans conséquences, et influeront sur le scénario et la fin du jeu, qui propose comme dans les précédents opus deux issues différentes en fonction de votre style de jeu. Metro Exodus introduit également un cycle jour-nuit intéressant, en offrant la possibilité d’accomplir les missions en fonction de l’heure de la journée, en variant ainsi le gameplay : en plein jour, vous rencontrerez moins de mutants, mais les bandits vous repéreront plus facilement, tandis que vous serez moins détectable par ceux-ci la nuit, tout en augmentant le nombre de créatures hostiles.

Une mise en scène efficace

Pour mener à bien les différentes missions, tout un arsenal d’armes bricolées vous sera de nouveau proposé : pistolet, fusil de chasse, mitrailleuse, fusil de snipper, … Petite nouveauté cette fois, il est possible à tout moment de modifier les deux armes que transporte Artyom en fonction des pièces que vous ramasserez. En posant votre sac à dos par terre, à la manière de The Last of Us ou de ZombiU, vous pourrez changer le zoom de vos armes, la crosse, le chargeur ou crafter certaines munitions et des kits de survie. Le crafting plus important, ainsi que le changement d’armes, se fera par le biais de l’un des ateliers dissimulés sur la carte. À l’instar des deux premiers Metro, un soin tout particulier a été apporté à la modélisation des armes rafistolées avec les moyens du bord, qui semblent sorties tout droit d’un film de Mad Max.

Même si c’est avant tout un jeu d’action, Metro Exodus met l’accent sur la cohésion qui unit les différents membres d’équipage qui entourent Artyom. Un soin tout particulier a été apporté aux dialogues entre les différents protagonistes, et on écoute avec plaisir les nombreuses anecdotes sur leurs vies passées, leurs attentes futures, à travers quelques moments de vie à bord du train. La plupart des conversations sont facultatives, mais on se surprend à s’assoir à côté d’eux, juste pour ces moments de fraternité. On regrette cependant que, comme dans 2033 et Last Light, Artyom semble quasi muet, ce qui gâche un peu l’immersion et donne l’impression d’être invisible par moments lors de ces échanges (alors que Artyom est le narrateur de l’histoire lorsque l’on change de chapitre). Le doublage en version française est également assez inégal, notamment à cause de la voix d’Anna qui manque d’intonation et casse du coup un peu la relation forte avec Artyom, son mari. On retrouve bien le doubleur officiel d’Al Pacino au cinéma (ou de Sully dans les Uncharted) pour la voix du commandant Melnik, mais c’est une voix que l’on entend dans tous les jeux (Halo, Call of Duty, Mass Effect, Just Cause, Gears of War, …), et personnellement, je commence à en avoir assez.

Et si je découvre la série ?

Vu que Metro Exodus fait suite à Metro 2033 et Metro Last Light, faut-il  avoir fait ces derniers pour comprendre le scénario ? La réponse est simple : non, pas du tout. Même si l’on retrouve la plupart des protagonistes des précédents épisodes (Artyom, sa femme Anna, le commandant Melnik et son équipe), un rappel des évènements passés est introduit dés le début de l’aventure, et plus tard vous aurez accès à un cahier décrivant plus en détails ces différentes personnes, ainsi que les factions qui contrôlent le métro. De plus, on ne sait finalement que très peu de choses quant à l’origine de cette guerre nucléaire, et vous n’en apprendrez pas beaucoup plus dans Exodus. Enfin, vu que vous quitterez très vite Moscou, vous ne serez pas confronté aux différentes factions régnant dans le métro. Comme dans toute suite, il y a bien quelques références aux événements passés, mais ils sont à peine survolés. Le jeu possède également une très belle durée de vie (comptez 25-30h selon la difficulté et si vous vous occupez des missions annexes), plus que les deux premiers Metro réunis.

Une sortie pas sans accrocs

Sur PC, en 4k/60fps toutes options à fond, le jeu est une nouvelle référence en terme de graphismes, et la version Xbox One X (limitée à 30fps) n’a pas à rougir de la comparaison. Evidemment, sur une PS4 ou Xbox classique, le jeu n’est pas aussi fin, avec quelques baisses de framerate et des textures qui s’affichent parfois au dernier moment, mais offre tout de même une expérience visuelle digne d’un jeu sortant en fin de génération. Rarement un monde post-apocalyptique a été aussi bien retranscrit, et le studio 4A Games a mis le paquet pour proposer des environnements riches et variés, fourmillant de détails en tout genre, dans une ambiance parfois bien stressante, relevée par une musique, certes un peu effacée, mais diablement efficace. On peut juste regretter une modélisation des personnages parfois assez moyenne, avec des visages peu expressifs, qui semblent figés dans la cire.

Malheureusement, le lancement du jeu a été assez chaotique : normalement prévu sur Steam, Metro Exodus  est  devenu une exclusivité de l’Epic Store moins de deux semaines avant sa sortie, n’offrant la possibilité d’avoir le jeu dans sa bibliothèque Steam que si vous aviez précommandé le jeu. Les joueurs sur Xbox One X rencontrent de gros problèmes de freeze, certaines personnes sur PS4 ont vu leur sauvegarde effacée après dix heures de jeu, certaines sauvegardes automatiques mal placées obligent de recommencer au début du chapitre, le volume des dialogues parfois très bas, … Un mois après sa sortie, on attend toujours un patch correctif qui se fait vraiment désirer (c’est d’ailleurs pourquoi ce test sort plus tard que prévu). L’intelligence artificielle des ennemis mériterait également d’être améliorée : certes ceux-ci ne vous oublient pas après trente secondes une fois éloigné comme dans un Assassin’s Creed, mais ils ont la fâcheuse tendance à se mettre à découvert pour devenir des cibles faciles ou à se planquer derrière une caisse à côté de vous sans vous avoir repéré.

Note

16/20

Délaissant cette fois le métro moscovite et ses couloirs sordides, Metro Exodus propose des décors ultra réalistes et parfaitement modélisés, avec toujours cette ambiance bien pesante. Malgré une excellente durée de vie et son système de jeu bien pensé, on regrette juste quelques problèmes techniques qui gâchent un peu l'excellent travail fourni par le studio 4A Games. L'amateur de FPS solo y trouvera son compte, et on ne peut que vous conseiller la saga Metro, en particulier Exodus.

Réactions

  • Gr0Bill le 18/03/2019

    Il me donne envie ce petit Metro mine de rien :O

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    • Mr Mandale le 18/03/2019

      Pareillement alors que les précédents ne m’ont jamais tenté 😮

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      • Gatchan77 le 19/03/2019

        Les 2 premiers en version redux sont sympas et ils ne coutent vraiment rien sur consoles ou PC. Ils sont souvent soldés pour 7-8€ pour le pack des 2 jeux sur PS4 par exemple.

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