Resident Evil 2 Remake – Retour à Raccoon City

Resident Evil 2 Remake – Retour à Raccoon City

20 ans après sa sortie sur Playstation, Resident Evil 2 nous revient sur consoles et PC dans un opus plus sanglant que jamais. Pas une mince affaire quand on connait le succès critique et public du jeu premier du nom. Un titre culte et à juste titre. Malheureusement, Capcom n’a pas toujours été à la hauteur concernant la saga Resident Evil. De nombreuses productions mais de qualité bien inégale. De plus, on peut s’interroger sur la direction du jeu. S’adresse-t-il à un nouveau public ? Aux fans de la première heure ? Mais surtout, le jeu vaut-il la peine qu’on s’arrête à Raccoon City ?

Alors, Claire ou Léon ?

Claire ou Léon ?

Le jeu s’articule autour du choix entre deux campagnes : celle de Claire ou celle de Léon. Une fois la décision prise, c’est parti pour tuer du zombie ! À savoir que les deux campagnes se croisent évidemment. Si vous avez opté pour Claire, par exemple, vous rencontrerez Léon à certains points du jeu et vice-versa. Finalement, on retrouvera peu d’interactions entre les personnages. Mais cela restera suffisant pour nous donner l’envie de boucler une campagne pour entamer celle de notre coéquipier et vivre ce qu’il a vécu durant cette nuit cauchemardesque.

Côté scénario, Claire n’aura qu’un seul but bien connu : retrouver son frère Chris. Il l’aura bien baladée tout au long de sa vie celui-là ! Et Léon, en jeune flic fraîchement débarqué, poursuivra l’objectif de sortir de cet enfer en aidant les autres. Tous deux progresseront au sein du commissariat de Raccoon City, un labyrinthe somptueux ! On aimerait bien, nous, en avoir d’aussi jolis.

Le manoir plus vrai que nature!

Joli oui mais très saoulant aussi. À l’image de son prédécesseur sur PS1, en avant les nombreux allers-retours dans tous les environnements : commissariat, égouts et labo. Mais ce qui terminera de nous achever : la campagne bis. Car oui, une fois l’aventure terminée avec l’un des protagonistes, vous pourrez vivre l’autre côté de l’histoire avec Léon ou Claire. Comptez une dizaine d’heures, tout dépend de votre cadence face à toute cette démence. Là, on s’attend à vivre un vrai périple parallèle… et bien pas vraiment.

On se retrouve à se balader dans les mêmes environnements, à devoir refaire les mêmes puzzles et à tuer les mêmes personnages. Cherchez l’erreur ! Cela crée sans conteste bon nombre d’incohérences et on ne peut s’empêcher de se dire qu’on nous prend pour des cerveaux de zombies. Et puis franchement, quand on vient de terminer une campagne et qu’on doit tout redémarrer et refaire les mêmes énigmes, c’est frustrant.

Raccoon Efficacity

Malgré ce « détail », force est d’admettre que Resident Evil 2 est efficace. L’exploration est facilitée par le système de carte très optimisé. On peut ainsi y remarquer les points d’intérêt (objets oubliés, portes fermées, …) mais surtout voir si l’on a bien tout réalisé au sein de la pièce même. L’inventaire, remis au goût du jour, reste semblable à celui d’origine. Une case pour un objet. On est donc comme toujours contraint à ne garder que les objets essentiels. Fort heureusement, les sacoches (avec deux espaces supplémentaires) arrivent à chaque fois au bon moment dans le jeu.

La belle Ada

Nouveauté du titre, la vue TPS. Bonne idée dans la mesure où le joueur que nous sommes se retrouve complètement immergé dans l’aventure. Le jeu sait aussi jouer des angles morts pour nous surprendre. On appréciera également les chapitres avec Ada et Sherry. Une autre vision du jeu. Une partie de cache-cache et un module piratage pour ne pas trop en dévoiler.

Une frayeur tout en difficulté

Dès les premières minutes, on est confronté à une difficulté bien réelle. Terminé les zombies lents et peu résistants, il faudra penser à économiser ses balles et à se tenir à distance (dès le mode normal). En effet, on ne peut pas dire que les munitions ou les plantes vertes se trouvent à foison, donc il vaut mieux la jouer « safe ». En effet, une dizaine de balles seront parfois nécessaires pour venir à bout d’un seul zombie. Effrayant, non ?

Et comme si ce n’était déjà pas assez flippant et encombrant de se débarrasser des zombies, lickers et saloperies pharmaceutiques en tout genre, on se retrouve poursuivi par le Tyran. L’homme au chapeau pour les intimes, Columbo pour la famille. Blague à part, son arrivée musicale, ses bruits de pas, son allure assurée et sa force surhumaine font de lui un ennemi redoutable. Il n’aura de cesse de nous poursuivre, et progresser avec ce monstre dans le paysage ne sera pas chose aisée. Une très bonne idée des développeurs qui savent  comment ajouter de la tension à notre expédition. Chaque pas, chaque impact de balle permet au Tyran de nous localiser. Il peut arriver à tout moment et nous pourrir la vie. On ne peut s’empêcher de se demander ce que donnerait le Nemesis si un remake de Resident Evil 3 venait à voir le jour.

Run Baby, run !

Beauty City

Le jeu est une réussite graphique. Très aboutis, les personnages sont très réalistes et ont des expressions détaillées. Claire est juste sublime. Les décors ne sont pas en reste, on s’y croirait presque. Que ce soit la puanteur et la crasse des égouts qu’on ressentirait presque ou le côté clinique du labo qui transparaît, rien n’est laissé au (bio)hasard. Les textures sont soignées et les effets de sang et de peaux déchiquetées lors d’impacts sont très convaincants. La bande-son du titre fonctionne parfaitement pour accroître notre terreur surtout lors des phases avec le Tyran.

La jouabilité n’a pas à frémir non plus. Tout est fluide, maîtrisé. Toutes nos actions sont précises.

#twentyyearchallenge

Note

16/20

Resident Evil 2 Remake est un jeu qui satisfera tant les nouveaux venus que les fans incontestés d’Umbrella. Le titre a bien réussi sa mutation et propose une progression terrifiante où Claire et Léon ne connaitront jamais de répit. Beauté, frayeur, dégoût et action sont au rendez-vous pour notre plus grand (dé)plaisir. Malgré une campagne bis fournie en allers-retours et énigmes miroirs qui pourront jouer avec nos nerfs, il faudrait être sérieusement contaminé pour passer à côté de ce bijou !

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