Yakuza 6: The Song of Life

Yakuza 6: The Song of Life

Après Yakuza 0 qui revenait sur le passé du héros principal et un remake du 1er épisode avec Yakuza Kiwami, Sega s’est rappelé qu’il existait bien un marché du jeu video en Europe, même s’il aura fallu presque 1 an et demi pour voir Yakuza 6: the song of life débarquer chez nous. Mais l’attente en valait la peine !

Yakuza, c’est un peu la série dont on a un jour entendu parler, mais que finalement peu ont eu l’occasion d’essayer, même si les épisodes 4 et 5 se sont retrouvés dans les jeux « offerts » du PS+ sur PS3. Il faut dire que, hormis une courte escapade sur Wii U et uniquement au Japon, la saga a toujours été une exclusivité Playstation (le 1er est sorti en 2006 sur PS2), que l’attente est  souvent très longue entre la sortie japonaise et sa parution en Europe (3 ans par exemple pour Yakuza 5 sur PS3 alors que la PS4 était déjà bien implantée chez nous),  et que les dialogues du jeu sont entièrement en japonais avec des sous-titres et une interface en anglais. Pourtant, les jeux Yakuza ont de plus en plus de succès hors du Japon et on a, du coup, du mal à croire Sega quand il annonce que ce 6ème épisode clôture la saga.

Kiryu Kazuma aka le dragon de Dojima

Retour à Kamurocho

L’histoire de Yakuza 6 reprend là où s’était arrêtée celle du 5, mais rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’avoir fait ce dernier pour comprendre le scénario principal. D’autant plus qu’un résumé écrit des précédents opus est disponible dans le menu principal et qu’une fiche descriptive des principaux personnages est accessible à tout moment dans le jeu.

Kiryu Kazuma, ex-Yakuza et ancien 4ème président du clan Tojo, vient de passer 3 années derrière les barreaux, rattrapé par son passé de mafieux. À sa sortie de prison, il aspire à une vie plus tranquille et décide de quitter le quartier chaud de Tokyo pour la campagne en vue de diriger l’orphelinat qu’il avait jadis créé. À peine arrivé, il découvre que Haruka, la fille qu’il avait élevée comme son propre enfant, a disparu peu après son incarcération et tout porte à croire qu’elle réside à Tokyo. C’est dans un hôpital de la capitale qu’il retrouve très vite sa trace mais malheureusement Haruka est plongée dans le coma, renversée par une voiture dont le chauffeur a pris la fuite. Mais était-ce vraiment un accident et qui est ce jeune enfant qui se trouve à coté de son lit ? Kiryu va donc mettre tout en œuvre pour découvrir la vérité en essayant de savoir ce qui s’est passé durant ces 3 années tout en prenant l’enfant sous son aile. Évidemment, qui dit Yakuza, dit guerre des clans et Kiryu va devoir vite renouer avec son passé d’ancien chef du clan Tojo en distribuant des mandales à gauche et à droite et nettoyer les rues des différentes factions qui se livrent une guerre sans merci.

Yakuza au cinéma

L’intrigue de ce 6ème épisode est riche en rebondissements : tantôt émouvant, tantôt violent, souvent décalé et digne des meilleurs productions cinématographiques japonaises. Un scénario et une mise en scène qui font penser à un film de Takashi Miike (Ichi the killer, Dead or alive) et bien sûr de Takeshi Kitano (Sonatine, Aniki mon frère), véritable icône au Japon, qui est d’ailleurs modélisé dans le jeu sous les traits du patriarche du clan Hirose. On notera également la présence de Tatsuya Fujiwara, connu pour avoir interprété le rôle principal du film Battle Royale dans lequel jouait d’ailleurs également Kitano, ainsi que d’autres stars féminines provenant du cinéma, du catch et même du porno. Yakuza, ça a toujours été le mélange presque parfait du jeu vidéo et du 7ème art et la qualité exceptionnelle des graphismes ne fait que renforcer ce constat. Les visages des différents personnages sont criants de vérité et de réalisme, le quartier de Kamurocho (quartier chaud imaginaire de Tokyo) fourmille de détails et de couleurs et on a vraiment l’impression de déambuler dans un coin typique de Tokyo. Kiryu se retrouvera également lors de son enquête dans la petite ville d’Onomichi, bourgade paisible au premier abord de la banlieue d’Hiroshima, qui est également un plaisir à arpenter. Tout est mis ici en œuvre pour flatter la rétine même si l’on constate quelques effets d’aliasing (effet d’escalier) sur certains arrière-plans. Graphiquement, c’est une vraie réussite.

Prends garde à toi, Shenmue 3 !

Niveau gameplay, on retrouve toutes les particularités qui ont fait le succès de la série : un côté beat ’em up avec ses combats de rue, du RPG avec les innombrables sous-quêtes et l’évolution des caractéristiques physiques de Kiryu Kazuma ainsi que de nombreuses activités et jeux d’arcade.

La baston est bien plus présente que dans certains Yakuza et est très bien intégrée dans la trame principale même si les combats sont ici un peu simplifiés. Il reste tout de même la possibilité de débloquer différentes techniques ainsi que d’utiliser le « heat action », sorte de super enchaînement de coups que ne renierait pas Ken le survivant. Kiryu utilisera aussi à son avantage différents éléments du décor comme un vélo, un pot de fleur ou un ballon de football pour tabasser avec classe ses adversaires. Les quêtes annexes sont variées et vont du simple sauvetage de la demoiselle en détresse importunée par de petits voyous à la recherche de partenaires pour constituer une équipe de baseball, jusqu’à nourrir des chats errants en vue d’être apprivoisés pour un bar à chats. Ça part dans toutes les directions et c’est souvent assez drôle. À l’instar de Shenmue, on retrouve aussi tout un tas de jeux d’arcade en intégralité, jouables dans les clubs Sega, comme Outrun, Super Hang-On, Space Harrier, Fantasy Zone ainsi que des titres plus récents avec Puyo Puyo et Virtual Fighter 5 Showdown, qui sont eux accessibles dès le menu principal et disposent même d’un mode 2 joueurs. Des mini-jeux plus traditionnels sont également présents (baseball, fléchettes, pêche sous-marine, Mahjong, karaoké, fréquentation d’un club de sport) ainsi que des activités plus coquines avec la drague d’hôtesses dans un club privé ou des séances de chat en ligne avec deux pornstars façon chaturbate.

Chaque action du jeu (se nourrir dans un restaurant, faire un score sur un jeu d’arcade, combattre des malfrats, …) permet de gagner des points de compétences répartis en 5 catégories (force, agilité, esprit, technique et charme) qui serviront à améliorer les caractéristiques physiques (santé, endurance, défense, esquive et jauge de heat), à acquérir de nouveaux coups, à augmenter l’efficacité du « heat action » ou encore à récolter plus d’argent. En tout plus de 130 améliorations sont disponibles. Une particularité de ce 3ème opus réside dans l’utilisation d’un smartphone, à la manière d’un GTA, grâce auquel il est possible de consulter son inventaire, de voir son avancement dans les différents défis, de dépenser ses points de compétences ou de sauvegarder à tout moment.

Le heat action en pleine face

Comptez une bonne vingtaine d’heures pour boucler l’aventure principale, plus du double si vous espérez finir toutes les quêtes secondaires et bien plus encore pour obtenir toutes les améliorations de Kiryu ou finir les différents défis (parcourir x kilomètres à pied, gagner 5 matchs de baseball, faire 3 scores de 90 au karaoké, …). Ce Yakuza pourra donc vous occuper un joli moment même s’il n’est pas le plus long de la série. Niveau regrets, on aurait aimé pouvoir visiter d’autres endroits que le quartier de Kamurocho ou d’Onomichi, comme dans le 5ème épisode, et prendre en main un autre personnage que Kiryu par moments, comme dans le 4, surtout que le héros est parfois accompagné d’un ou deux acolytes ce qui aurait varié, du coup, un peu plus les combats. Enfin, une version avec sous-titres français aurait été la bienvenue également, vu qu’il y a quand même pas mal de dialogues utilisant parfois un argot anglais qui pourrait poser problèmes à certains.

Note

18/20

Ni l’épisode le plus long de la saga, ni le plus déjanté mais juste une grande claque dans la gueule tellement la frontière entre le jeu vidéo et l’œuvre cinématographique est ici réduite. À moins d’être allergique à l’anglais ou de ne pas posséder de PS4, vous n’avez aucune excuse pour passer à coté de Yakuza 6: the song of life.

Réactions

  • Gaius Baltar le 09/05/2018

    Merci pour ce test, ça donne vraiment envie !

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