Jump Force : KAMEHAMENAZE !

Jump Force : KAMEHAMENAZE !

Je vaquai à mon occupation favorite (c’est-à-dire, la création de macramé) quand un ami débarqua chez moi, les pupilles dilatées, une voix tremblante d’excitation et un téléphone en main avec l’application Youtube.

« Mec, regarde ce que j’ai trouvé ! C’est un jeu de combat avec tous les personnages de la licence Shonen Jump ! Tu peux te castagner contre Goku en jouant Naruto, c’est pas dingue ça ?! « 

Des souvenirs me revinrent de la conférence Microsoft à l’E3 2018. En effet, je me souvins d’un jeu prenant place dans le monde réel (ou presque) où Naruto, Luffy et Sangoku combattent Freezer dans un seul et même jeu de combat. Même si l’idée me paraissait amusante au premier abord, cela ne m’a pas plus excité qu’une potentielle nouvelle saison de Louis La Brocante.

Au fur et à mesure des mois, les bandes-annonces se succédèrent, promettant un roster de personnages jouables conséquent et des graphismes à couper le souffle. Maintenant que le jeu est sorti, que vaut ce Jump Force ?

On ne change pas une équipe qui gagne

Le topo est assez classique : tous les mondes des univers de Shonen Jump sont mélangés avec le nôtre. La première scène du mode histoire commence donc dans un Time Square dévasté où votre personnage est touché par un rayon mortel de Freezer. Après la création de votre personnage, vous vous réveillez et combattez des mobs plutôt génériques (dont le design a été créé par Toriyama lui-même). Après cela, vous êtes convié dans le grand hub des héros qui est le centre d’opération des gentils contre les méchants. On apprend aussi que certains héros se font manipuler par une sorte d’étrange aura obscure, comme beaucoup de jeux de combat où il faut justifier que des gentils tapent d’autres gentils.

On comprend très vite que le scénario est à mettre aux oubliettes et qu’il sert plus de prétexte au jeu qu’à vous faire réfléchir à la place de l’homme dans l’univers. Mais d’un certain point de vue, il est fidèle aux animes dont il est tiré, donc on pourrait se dire à raison qu’il respecte son matériel de base ( je vais sans doute me faire taper sur les doigts pour ce que je viens de dire).

Du fan service…

Jump Force est simple à prendre en main. Le combat se déroule sur une arène 3D (comme pour One’s Justice ou Burning Blood) où les combattants se font face avec leur personnage ainsi que deux acolytes qui peuvent vous remplacer au combat. Vous pourrez donc faire une équipe d’un même anime façon Luffy, Zorro et Sanji ou alors une équipe composée de héros de plusieurs shonens différents avec, par exemple, Yûgi, Gon et Nicky Larson (vous avez bien lu : vous pourrez tabasser Goku avec Nicky Larson). Les contrôles sont très basiques, avec une touche pour bloquer, carré pour les coups légers, triangle pour les coups lourds et rond pour les prises. Une combinaison R2 + carré, triangle, rond ou croix permet de sortir un coup spécial comme un kaméhaméha pour Sangoku ou un multiclonage pour Naruto. Certains personnages peuvent activer leurs éveils pour pouvoir se transformer en une forme supérieure (en super saiyan pour Goku par exemple). On s’amuse vite de voir tous ces héros s’affronter dans la joie et la bonne humeur et on peut apprécier les différentes références incluses dans le jeu, comme le fait que Sanji, personnage Casa Nova de la série One Piece, ne puisse pas attaquer de personnages féminins et que toutes ses animations de combat sont transformées par des lancers de cœurs, ou que le vampire Dio Brando, personnage culte de la série Jojo Bizarre’s Adventure, ne puisse être joué que sur des cartes de nuit.

J’en reviens toujours pas que Nicky Larson soit jouable.

… seulement du fan service.

Mais le jeu est très, très loin d’être parfait et pour quelqu’un qui a étudié les techniques de Smash Ultimate pendant son temps libre, j’ai l’impression que Jump Force ne brille pas par sa subtilité et que certains points de gameplay seraient à revoir si le jeu n’était pas déjà sorti. Déjà, un simple spammage de carré nous suffit à faire un combo impressionnant, mais qui est inutilement long et pénible pour l’adversaire car il ne pourra pas s’en défaire une fois pris dans l’enchaînement. De plus, la touche d’évasion (L1) qui permet justement d’éviter de se faire enchaîner semble fonctionner une fois sur deux, ce qui donne l’impression que le joueur manque de contrôle sur l’action.

Un autre point qui m’aura fait tiquer à de nombreuses reprises est le mapping absurde des touches. L’assist d’un coéquipier et le changement de personnage sont mappés sur la même touche. Il serait naturel de penser que l’assist s’exécute par une simple pression sur le bouton L2, ce qui n’est ABSOLUMENT pas naturel.

Le gameplay étant complètement aux fraises, il est inutile d’évoquer aussi l’animation complètement foireuse des personnages dont les lèvres bougent autant que s’ils avaient tous subi une anesthésie locale chez le dentiste ou le hub central repompé de Xenoverse, en strictement moins bien.

Après une quinzaine d’heures de jeu (solo et online) sur PS4 et PC, mon ami et moi sommes repartis déçus de toute cette aventure. Passé la première heure de fou rire et d’amusement, nous sommes vite revenus sur d’autres titres plus amusants et avons rangé Jump Force au placard.

En conclusion

C’est étonnant que l’éditeur Jump fasse encore confiance à ce studio, qui a produit à plusieurs reprises des titres moyens voire médiocres toutes plateformes confondues. Jump Force avait l’air de partir dans une nouvelle direction mais hélas, on se retrouve avec la même bouillie infâme qu’avant. Avec autant d’expérience dans le jeu de combat, Chunksoft aurait pu nous faire quelque chose de potable. Mais un manque de volonté et/ou une flemme ont mis ce jeu, et, donc ce test, au tapis.

 

Note

9/20

Malgré de bonnes idées et beaucoup de clins d'oeil, Jump Force reste un bon jeu pour fanboy mais pas un bon jeu de combat. Dommage pour cet outsider qui prend déjà sa retraite.

Réactions

  • Mr Mandale le 06/03/2019

    Ok, les Xenosacs étaient gwakés par Fighterz donc ce Jump Force est sans doute un appel du pied à cette frange de joueurs, mais sincèrement ça fait de la peine de voir Bandai Namco tout fier de nous sortir ça après le partenariat avec Arcsys, voire même pitié…

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