Soulcalibur VI

Soulcalibur VI

Après deux épisodes plutôt réussis sur la génération PS3/Xbox 360, et alors que les gros jeux de baston ont déjà eu droit à leur suite (Street Fighter, Tekken, Mortal Kombat, …), c’est avec une certaine impatience que l’on attendait le nouvel opus d’un des titres emblématiques de Bandai Namco, qui nous enchante depuis deux décennies maintenant. Est-ce que ce sixième Soulcalibur tient la comparaison avec ses ainés ? Réponse dans ce test.

Question baston, Bandai Namco n’a plus grand-chose à prouver, et après un excellent Dragon Ball FighterZ, on se demandait en effet quand il serait possible de retrouver les célèbres Mitsurugi, Kilik, Taki ou encore Nightmare. Six années se sont déjà écoulées depuis Soulcalibur V, et ce nouvel épisode célèbre les vingt ans de la série (un peu plus si l’on prend en compte Soul Edge, sorti sur borne d’arcade et PS1). On peut même parler ici de reboot, car les différents modes histoire de Soulcalibur VI s’attardent sur les origines de la saga.

Deux modes histoire

En plus des traditionnels modes arcade, versus, entrainement ou en ligne, le joueur solo pourra s’attarder sur deux modes histoire assez complets : Balance de l’Âme et Chronique d’Âme.

Le mode Balance de l’Âme rappellera de bons souvenirs à ceux qui avaient apprécié le fameux mode Maître d’Armes de l’emblématique Soulcalibur II. Après avoir créé votre combattant (race, aspect physique, arme, …), vous devrez  explorer un vaste monde rempli de missions et de combats aux règles aléatoires (votre adversaire commence avec plus de points de vie, les coups de pieds font plus de dégâts, le sol est extrêmement glissant, …). Chaque victoire rapportera de l’expérience pour faire monter le niveau de votre personnage, augmentera ses points de vie ou les dégâts des armes. Certains combats seront particulièrement difficiles si votre adversaire possède un niveau plus élevé que le vôtre, vous obligeant à y revenir plus tard dans votre partie. Il est possible de changer d’armes avant chaque affrontement, d’utiliser différentes potions pour booster votre santé ou renforcer votre défense et votre attaque, et il y a même moyen d’engager différents mercenaires pour batailler à votre place : lors d’une mission contre plusieurs adversaires successifs, si, par exemple, votre santé ne se régénère pas après chaque combat, votre mercenaire pourra éliminer plusieurs opposants et ainsi vous permettre de poursuivre la lutte plus sereinement. Chaque mission terminée vous rapportera de l’argent afin d’acheter des potions ou des armes plus puissantes chez un des différents marchands dissimulés sur la carte. Cet argent peut aussi être échangé contre des Soul Points, la monnaie utilisée pour débloquer du contenu dans le Musée (biographie des persos, galerie, musique, …)

Bref, c’est complet, et vous en aurez pour un bon paquet d’heures si vous voulez tout terminer. D’autant plus qu’il est possible de recommencer à loisir avec un autre personnage de votre création. Le seul point négatif de ce mode Balance de l’Âme est le blabla parfois assez lourd entre chaque mission, sous forme de petites saynètes sans saveur et graphiquement assez pauvres. Au début, on prend le temps de lire, mais après un quart d’heure, on s’empresse d’appuyer sur les boutons pour passer ces dialogues. Et à moins de préparer une thèse sur la genèse de Soulcalibur, il y a fort à parier que c’est ce que vous ferez également.

Chronique d’Âme est le deuxième mode histoire de Soulcalibur VI ; il permet d’incarner chacun des vingt-et-un personnages du roster, à travers un scénario reprenant les trois premiers Soulcalibur, sur une période allant de 1583 à 1590. Un bon moyen de (re)prendre en main rapidement l’ensemble des combattants, de découvrir leur histoire et la légende de l’épée maudite qui les unit. Ici aussi, beaucoup de dialogues, mais l’enrobage est bien plus soigné que pour le mode Balance de l’âme avec quelques jolis croquis, même si cela reste plutôt sommaire. On aurait bien aimé, tout de même, avoir quelques cinématiques de temps à autre pour égayer un peu ce mode de jeu qui reste finalement peu passionnant.

Laissez libre cours à votre imagination

La création de votre propre personnage reste également de la partie, une particularité de la saga depuis quelques épisodes maintenant. Vous pourrez soit modifier un combattant de Soulcalibur, soit partir sur un personnage original, et c’est assez complet. Vous aurez le choix entre seize races (humain, momie, infecté, colosse, …) et la possibilité de changer l’arme de base et les effets visuels lorsqu’un coup est porté, de régler l’aspect physique dans le moindre détail, d’appliquer différents stickers, de changer les dialogues en cas de victoire ou pendant un coup spécial, … Bref, de quoi se faire plaisir. Vous pourrez également partager vos créations en ligne et récupérer celles d’autres joueurs. À noter que ces personnages pourront être utilisés à loisir dans les différents modes de jeu.

Le casting de base comprend vingt-et-un personnages, c’est moins que dans Soulcalibur V, mais on retrouve les classiques Cervantes, Ivy, Talim, Raphael ou encore Maxi. Deux petits nouveaux viennent toutefois s’ajouter au roster : Grøh, d’origine nordique, et Geralt, le protagoniste de la série The Witcher. Un season pass est évidemment de la partie et permettra d’ajouter quatre combattants dont Tira qui est déjà disponible.

Un gameplay qui a fait ses preuves

Niveau gameplay, les habitués trouveront vite leurs marques, même si deux nouvelles mécaniques sont mises en avant : le revirement edge et le edge critique. Le premier est une sorte de pierre-papier-ciseaux, à l’instar de ce qui se fait dans le dernier Injustice. En appuyant sur triangle et croix sur PS4 (ou plus simplement sur R1), cela déclenchera une animation qui en touchant votre adversaire lancera une confrontation où vous devrez choisir entre un coup horizontal, vertical ou un coup de pied : le coup horizontal bat le coup de pied, le coup de pied bat le coup vertical et le coup vertical prend l’avantage sur l’attaque horizontale. Il est également possible d’esquiver le choc en faisant un pas de côté si vous savez que votre adversaire lancera un coup vertical, un pas en arrière en cas de coup de pied ou un pas en avant en cas d’attaque horizontale. C’est évidemment un bon moyen de surprendre ou de contrer l’adversaire, pour autant que vous choisissiez la bonne option. Ce revirement edge est plutôt une bonne idée de gameplay et permet de varier les combats. Le seul reproche que je pourrais faire à cette technique est que plusieurs persos déclenchent parfois un revirement edge automatiquement à la fin de certains combos, ce qui peut être un inconvénient.

Le edge critique, la deuxième nouveauté, est une sorte de super coup propre à chaque combattant, à l’instar d’un ultra dans un Street Fighter. Lorsque vous aurez rempli au moins un des deux niveaux de la jauge Soul, vous pourrez porter une attaque dévastatrice en appuyant simplement sur trois boutons ou R2. À noter que si vous appuyez sur arrière et R2, vous brûlerez une jauge, mais vous pourrez alors temporairement déclencher des coups plus puissants que vos attaques habituelles et vous infligerez de légers dégâts même si votre adversaire est en garde.

Soulcalibur a toujours été ce jeu accessible aux néophytes et rapide à prendre en main (coups horizontaux, verticaux, coups de pied, projections), tout en restant assez pointu pour satisfaire les joueurs plus exigeants (contre, brise garde, impact garde, un tas de combos possibles), et ce sixième opus ne déroge pas à la règle. Les habitués retrouveront vite leurs marques, les nouveaux venus apprécieront son gameplay abordable.

Graphiquement, on reste mitigé

Depuis sa parution sur Dreamcast en 1998, la saga a toujours été une vitrine technique sur console… sauf peut-être cette fois-ci. Certes, on ne peut quasi rien reprocher à la modélisation des personnages qui sont plutôt bien détaillés, ni aux effets de lumières du plus bel effet, mais on ne peut pas en dire autant des différentes arènes. Certaines sont peu inspirées, notamment les niveaux qui se passent dans le désert ou dans une prairie, et semblent désespérément vides (on se croirait sur Namek !). Mais surtout, c’est ce flou grossier, appliqué à l’ensemble des arrière-plans sur des textures parfois assez quelconques, qui fait vraiment tache. C’est difficilement compréhensible, alors que l’on attend cette suite depuis 2012 et que le jeu utilise le même moteur graphique que Tekken 7, également développé par Bandai Namco.

Note

15/20

Avec ces deux modes histoire assez complets malgré leur l’habillage sommaire, la possibilité de créer ses propres personnages de façon détaillée et les nouveautés autour de son gameplay plutôt nerveux, Soulcalibur VI a de quoi contenter les néophytes ainsi que les joueurs confirmés. Malheureusement, le manque de soin apporté à l’aspect graphique des différentes arènes fait un peu tache, alors que la réalisation de la série a toujours été impeccable par le passé. Un excellent jeu de combat tout de même.

Réactions

  • Johnny le 03/12/2018

    J’étais un peu mitigé au début mais au final, je trouve que le jeu est un assez bon retour aux sources 🙂

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