Need For Speed: Payback

Si le nom de Need For Speed parle aux joueurs, c’est parce qu’il fait partie de ces grandes licences ayant marqué l’histoire. Tout le monde aura au moins entendu parler de cette série de jeux de course urbaine. Les NFS Underground 2 et Most Wanted de la génération PS2, sortis respectivement en 2004 et 2005, restent dans le cœur de beaucoup les meilleurs représentants de la licence avant le déclin. Elle est cependant revenue avec brio en 2015 avec un très bon jeu sobrement intitulé « Need For Speed » que nous avions traité sur notre site. Deux ans plus tard, Electronic Arts et Ghost Games remettent le couvert, mais pour quel résultat ?

Véloce et furibond

Need For Speed s’ouvre sur une séance d’introduction nous présentant tour à tour les personnages dans une séquence de jeu entrecoupée de cinématiques permettant d’alterner entre différents styles de conduite et exposant ainsi ce que nous allons retrouver plus tard. Nous sentons ici une volonté affichée de scénariser un peu plus encore la franchise qui n’a jamais brillé de ce côté-là, n’en ayant jamais vraiment eu besoin. Cette scénarisation est lourdingue et poussive à souhait ; singeant les films du genre Fast & Furious, elle ne leur arrive pas à la cheville, faisant même pire que le navet cinématographique qu’était le film Need For Speed.

Nous incarnons Tyler Morgan, jeune pilote faisant partie d’un crew participant à des courses urbaines. Trahi par quelqu’un qu’ils pensaient de leur côté, le crew se sépare pour mieux se reformer et se venger. N’y allons pas par quatre chemins, quelques missions mises à part, c’est plat, sans envergure et souvent même ennuyeux. Nous incarnerons plusieurs personnages tour à tour, avec chacun sa spécialité et son type de course, entre lesquels il faudra alterner pour vaincre d’autre crew pour les rallier à notre cause. D’un pur point de vue scénaristique, Need For Speed prend de gros raccourcis en usant de retournements de situation téléphonés à souhait et nous fait perdre la sensation d’être LE pilote au volant de sa voiture.

Need Forza Crew

Cette itération 2017 apporte quelques nouveautés à la licence qui n’en sont pas vraiment lorsqu’on s’intéresse aux jeux de courses de façon générale. Par exemple, l’idée de devoir changer de véhicule et de personnage pour chaque type de course fait indéniablement penser à The Crew, mais aussi à NFS ProStreet de la PS2. En battant les boss des clans rivaux, ils vous donneront des indices pour reconstituer des épaves de voiture d’exception, faisant du coup penser à Forza Horizon ou The Crew, à nouveau. Nous retrouvons aussi un peu de Burnout dans les ralentis typés takedown lors de l’élimination d’une voiture de Police. Bref, NFS s’enrichit sans pour autant révolutionner le genre. NFS fait donc du NFS. Les habitués y trouveront leur compte sans toutefois y déceler l’étincelle qui en faisait tout le sel et les nouveaux venus seront certainement un poil déçus d’un jeu de ce calibre. NFS emprunte aussi cette fois-ci des éléments de gameplay aux RPG, les éléments moteurs de votre voiture étant divisés en 6 composants qui pourront octroyer un boost spécial (saut, vitesse, freins, …) voire un bonus de set si vous équipez trois ou six éléments d’une même marque.

Manette en main, le jeu est agréable, les voitures se prennent vite en main, les styles de conduite se démarquent plutôt bien les uns des autres et les kilomètres s’avalent avec plaisir. Mention spéciale au drift dans la pure tradition du « easy to play, hard to master ». Comme le veut la tradition, nous sommes lâchés dans un monde ouvert. Celui-ci semble grand et varié… à première vue. En effet, nous finirons par croiser assez souvent les mêmes coins, la faute peut-être à un GPS ne vous faisant pas forcément prendre le plus court chemin. De plus, le jeu sombre dans le remplissage facile en abusant d’activités à accomplir sur la route. Zones de vitesse, radars, sauts, zones de drift, panneaux à exploser, jetons à découvrir… Il y en a beaucoup trop et cela gonflera bien artificiellement la durée de vie du jeu déjà bien gonflée par le temps de route entre les courses. Des voyages rapides sont cependant possibles, mais payants, exception faite du voyage vers vos garages dans lesquels vous pourrez modifier et stocker vos bolides.

L’énorme point négatif de ce jeu est le même que celui qui a créé la polémique autour de Star Wars: Battlefront 2. La progression est aléatoire. Autrefois, lorsque vous gagniez une course, vous débloquiez des nouveaux éléments à installer sur votre voiture à échanger contre l’argent gagné en course. Aujourd’hui, dans Need For Speed, vous gagnez une amélioration aléatoirement avec le risque que celle-ci ne soit pas avantageuse pour vous. Il faudra alors passer par les ateliers de tuning et y dépenser l’argent gagné, mais là aussi le contenu proposé est aléatoire et se renouvelle périodiquement. Vous pouvez aussi participer à une loterie pour gagner des pièces en échange de cartes. Et si tout cela n’était pas encore suffisant, vous pouvez, contre de l’argent réel, acheter une monnaie virtuelle à échanger contre des packs vous offrant ces cartes, de l’argent, des éléments de customisation, … Bien conscient de la colère des joueurs, sur NFS aussi, EA a fait marche arrière pour faciliter la progression. Depuis le patch 1.4, les éléments gagnés en fin de course ont un meilleur niveau et les ateliers sont renouvelés toutes les 10 minutes au lieu de 30. Espérons que le message soit passé et que ces pratiques disparaissent.

Techniquement passable

Testé sur une PS4 classique, Need For Speed: Payback n’est clairement pas le plus beau jeu de la console, se permettant même par moments d’être moins léché que son grand frère de 2015. De jour, il peut même se révéler fade, d’autant plus en ville où les textures tachent un peu, mais il se rattrapera de nuit. Cependant, le jeu peut parfois ramer sévèrement, principalement quand il y a un peu trop d’éléments ou de lumière à l’écran. Ces ralentissements se font vraiment le plus sentir lorsque la police vous poursuit.

Verdict: 13/20

Nous avons choisi de ne pas pénaliser le jeu à cause de la polémique des lootboxes, le jeu ayant été patché pour ne plus les rendre aussi vitales qu'elles l'étaient. NFS Payback est un NFS, sûrement pas le meilleur, mais une bonne alternative à ceux en manque de tuning et de variété dans un jeu de course. Il faudra cependant supporter le scénario et les personnages souvent énervants.

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Réactions

  • Gatchan77 le 06/12/2017

    Pour info, il est en promo sur PS4 pendant 48h pour 34.99€

    Répondre
  • gazza8 le 06/12/2017

    Merci pour ce test.

    « Les NFS Underground 2 et Most Wanted de la génération PS2, sortis respectivement en 2004 et 2005, restent dans le cœur de beaucoup les meilleurs représentants de la licence avant le déclin »
    => Oh oui ! Et NFS Carbon aussi (2006), très bon épisode (surtout la version Xbox 360).

    C’est étonnant quand même cette irrégularité (dans la qualité), d’une année à l’autre. J’ai récemment joué à l’épisode « Hot Pursuit » (2010) et c’est très faible :-/

    Quant à « Il faudra cependant supporter le scénario et les personnages souvent énervants », c’est presque le cas pour chaque épisode. Mais cela veut dire qu’une partie des joueurs apprécie…

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    • Gatchan77 le 06/12/2017

      Pourtant le hot pursuit est souvent plébiscité par les joueurs. Perso celui que j’ai préféré c’est Most Wanted (2012) sur PS3 et là pas de scénario du tout.

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      • Aerticum le 07/12/2017

        Gazza : Bah, dans les autres l’histoire est naze, mais au second plan, ici ils la font passer au premier plan et du coup, ça m’a gêné…

        Gatchan : Ouais, MW 2012 a pas d’histoire, mais j’ai pas accroché, trouver les voitures, pas devoir les acheter, pas de personnalisation ou presque… Pour moi on était sur un Burnout. (D’ailleurs il a pas été fait par un studio qui a fait du Burnout ?)

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        • Gatchan77 le 07/12/2017

          Oui il a été développé par le studio qui a fait Burnout mais ils ont aussi fait le hot pursuit et le rivals. Justement ne pas devoir acheter les voitures c’est ça qui m’a plus, il y en a + de 150 aussi. T’a pas besoin de farmer comme un porc juste pour pouvoir t’en acheter 10.

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          • Aerticum le 07/12/2017

            J’me suis jamais senti bloqué par l’argent dans un NFS 😮 Puis sur les 150 caisses y’en a quand même que 5-6 qui me bottent vraiment au point de les prendre :p

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