Sword and Fairy : Together Forever

Sword and Fairy : Together Forever

À moins d’avoir vécu dans une caverne, impossible d’être passé à côté du raz de marée Genshin Impact. Développé par le studio chinois MiHoYo, cet Action RPG qui puise allègrement dans Breath of the Wild pour sa direction artistique et son exploration du monde ouvert, jusque dans les déplacements venant reprendre l’escalade et le paravoile, a littéralement explosé à la face du monde. C’est qu’en tant que free 2 play jouable sur PC, consoles Sony et mobile, Genshin Impact est parvenu à s’imposer grâce à la générosité de son contenu et au soin apporté à ses très régulières mises à jour, entrainant dans son sillage un rayonnement nouveau pour le jeu vidéo chinois. C’est sans aucun doute galvanisés par cette ouverture potentielle sur le reste du monde que les développeurs de chez Softstar, appuyés par Eastasiasoft à l’édition, se sont décidés à sortir le 7e opus de leur saga de RPG The Legend of Sword & Fairy à l’internationale.

Exposé au jeu vidéo japonais depuis l’essor de la génération 8 bits propulsée par Nintendo et Sega, je confesse avoir été directement pris d’une curiosité particulière pour les productions chinoises. Moi qui ai tendance à trouver plus aisément mon compte dans les RPG japonais que dans les productions de studios occidentaux, je me suis penché sur Sword and Fairy, intrigué de voir quelle pouvait être la proposition d’un développeur chinois avec ce qui ressemble fortement à un J-RPG au premier coup d’œil.

L’éditeur ne s’est pas privé de communiquer sur la direction « autonome » de Together Forever. Bien qu’il s’agisse du 7e épisode d’une série débutée en 1995, il est tout à fait abordable par un néophyte, et l’écriture du titre fait tout pour que les joueurs découvrant la série avec le dernier épisode en date n’aient pas l’impression de passer à côté des enjeux. Le prologue du titre nous fait incarner Xiu Wu, un guerrier que l’on comprend très rapidement chargé d’une mission divine, ladite mission servant de trame narrative au tutoriel nous apprenant à maitriser le système de combat. Assez simple et efficace, le gameplay de Sword & Fairy Together Forever ne devrait pas trop vous larguer si vous avez joué à un Action RPG japonais ces dix dernières années – au point de paraitre parfois quelque peu daté, comme en témoignent ces QTE que je n’ai pour ma part pas vu venir au point de louper les premiers.

Alerte spoiler, la mission va mal tourner et notre guerrier va se retrouver mystérieusement transformé en fruit, tombant des cieux où il progressait jusqu’alors pour échouer sur terre. C’est maintenant que commence réellement la partie, aux commandes de son héroïne principale Yue QingShu, jeune moine du clan Mingshu en train d’enquêter sur l’apparition de monstres aux abords du village voisin. C’est là qu’elle trouvera le fruit enfermant Xiu Wu, qui l’attirera avec une attraction presque magique. Je vous laisse le loisir de découvrir les évènements du titre mais pour résumer, comme vous pouvez vous en douter, le destin du monde reposera sur leurs épaules et vous fera rencontrer un large éventail de protagonistes au fur et à mesure que les enjeux se révèleront. Les premiers pas avec Yue montrent rapidement la construction des quêtes secondaires du jeu, et c’est là qu’on se souvient que le public chinois est friand de MMORPG, tant ces dernières renvoient aux activités d’un MMO : aller tuer X monstres donnés à l’endroit Y de la carte, ramener un certain nombre de pièces d’une ressource rare, etc. Les missions facultatives sont plutôt nombreuses et invitent à l’exploration du monde entre deux évènements majeurs faisant progresser l’histoire.

Niveau réalisation, force est de constater que nous ne sommes pas face à une production AAA. À l’instar du gameplay, le jeu semble « daté » techniquement – ce qui ne l’empêche pas pour autant de proposer de très jolis panoramas et effets de lumière – et il en va de même pour l’écriture. Malgré la sincérité évidente des développeurs, on sent un fameux train de retard sur l’industrie japonaise, source de comparaison la plus proche non pas géographiquement parlant mais dans la note d’intention du titre. Car tout dans Sword and Fairy Together Forever transpire du studio indépendant se rêvant être Square Enix. Heureusement, ce côté « modeste » n’entache pas l’expérience et nous avons affaire ici à un RPG très honnête, lorgnant allègrement vers ce qui se fait chez la concurrence avec un regard mi-envieux, mi-rêveur. Le petit plus qui fait tout le charme de Together Forever étant au final son pays d’origine dont l’influence se ressent dans la direction artistique. Tenues des personnages, architecture des bâtiments et villages, composition musicale sont autant de tableaux sur lesquels le jeu de Softstar tire son épingle du jeu en se différenciant du modèle japonais. Le jeu est d’ailleurs entièrement doublé en chinois et sous-titré en anglais, comme pour enfoncer cette identité propre.

Note

14/20

Sword and Fairy Together Forever est définitivement un jeu intriguant. S'il renvoie aux action RPG de la génération PS360 dans ses mécaniques de jeu, il se dégage de sa direction artistique un charme particulier dû à ses origines, et le titre mérite d'être essayé pour "découvrir le J-RPG autrement".

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