Darksiders 2 – Death or dead ?

Darksiders 2 – Death or dead ?

Il y a deux ans, la communauté des gamers découvrait un somptueux trailer annonçant un jeu ambitieux, multi-plateformes, sur fond d’apocalypse : Darksiders. Les promesses de ces superbes cinématiques ont accouché d’un excellent titre aux références nombreuses, fidèle au gameplay de la série God of War et au monde des Zelda. Cet été, THQ nous a proposé le deuxième opus de cette belle licence ; les attentes suite à la preview étaient simplement énormes. Vigil Games s’est à nouveau chargé du développement.

Synopsys : Itinéraire d’un frère pas content

« War », le gardien de la paix incarné dans Darksiders premier du nom, a subi les foudres du Conseil Ardent. « Death », son frère, autre cavalier de l’apocalypse, reprend le flambeau afin de le sauver, en protégeant l’humanité. Le joueur s’investit donc dans un nouveau personnage, pour découvrir la suite de la saga.


Gameplay : Génèse d’un lifting raté

Qui dit “suite d’un jeu à succès”, dit “améliorations perceptibles sans chambouler les habitudes des fans ».  Sur le papier, cet épisode ne déroge pas à la tradition, si ce n’est que ces modifications n’atteignent pas leurs buts, que du contraire. Là où War offrait une maniabilité, certes perfectible, mais très agréable et intuitive, la manipulation de Death se montre irritante. En proposant des tas de petits mouvements d’escalade, de balancement, et des sauts divers, le héros en devient complexe à contrôler. Lorsque vous grimpez à un mat, il vous est loisible de vous pencher pour atteindre la plate-forme la plus proche. Ce mouvement exaspère le joueur car tantôt, il produira l’effet escompté, tantôt il entraînera un saut
aléatoire, une rotation agaçante, ou pire, un décrochage suicidaire. Heureusement, Death renaît systématiquement de ses cendres au même endroit mais avouez que c’est le genre de détail qui tue le plaisir, ainsi que la saveur du challenge. Dans la même gamme, les déplacements de la caméra régressent et très vite, celle-ci pêche par son manque d’intelligence. Contrôlée via le stick analogique gauche, elle cultive l’art de se positionner là où on ne l’attend pas. Alors que sur la plupart des FPS ou TPS modernes, ce système fait mouche, ici, on se croirait revenu 10 ans plus tôt. Vos opposants se retrouvent régulièrement hors champs et la caméra se place volontiers derrière un obstacle, même en plein pugilat. Bref, ce genre d’inconforts  est indigne des moyens mis en œuvre pour cette super production.
D’un point de vue plus personnel, je reprochais l’aspect bourrin et brouillon de War, lors des altercations musclées avec les créatures hostiles croisées dans la première aventure. A mon grand désarroi, Death propose la même technique de combat, sans vous laisser la moindre chance de briller par une quelconque intelligence martiale. Au rayon nouveautés, vous pouvez désormais invoquer Despair, un destrier courageux, à l’effigie de son cavalier. L’intérêt de la bête réside dans sa faculté à accélérer les déplacements lors des longues marches dans les zones aérées. Cela solutionne l’énigme de l’ennui mais entraine d’autres désagréments de contrôle. De plus, l’équidé n’offre pas d’alternatives révolutionnaires au combat, là où on était en droit d’attendre une idée originale des concepteurs. Pire, les déplacements décriés plus haut, sont encore plus carrés et la caméra n’en profite guère pour redorer son blason. Enfin, un arbre de compétences, upgradable, vous permettra d’évoluer et d’acheter des armes ou améliorations aux atouts non négligeables. Classique.

darksiders2 arbre
Au milieu de cette orgie d’incommodités, les espaces ouverts, immenses et très bien croqués, peinent à briller. Pourtant, c’est bien ici que réside l’aspect réussi de ce Darksiders 2. L’alternance entre open-world et mondes guidés profite d’un bon équilibre, bien soutenu par une carte et des informations périphériques efficaces. Sur ce point précis, le gameplay rappelle la justesse des Zelda et des Dead Space.

Techniquement : MegaloFadoVirus.

darksiders2 warLes graphismes aussi m’ont déçu. Les textures manquent de détails, les ennemis se ressemblent et la démesure mégalo des boss tarde à apparaître. La première partie de l’aventure, censée accrocher le joueur et l’enivrer après dix minutes d’exercice, se limite à une forme d’errance, presque solitaire, dans un environnement trop terne, à l’instar de l’épiderme de Death. J’accepte la « subtilité » graphique et le message que les développeurs ont voulu faire passer via ce Level 1, froid et mortel… néanmoins, un switch scénaristique plus inspiré, aurait pu suggérer un décor plus sexy et  motivant, pour une entame plus apéritive. A ce sujet, un des premiers combats m’a surpris positivement tout en me donnant du fil à retordre, mais la scénographie m’a laissé de marbre.
« Redde Caesari quae sunt Caesaris », les thèmes musicaux offrent une partition presque parfaite, digne des plus belles fresques cinématographiques. Les mélodies bercent votre avancée et soutiennent le rythme de la narration avec élégance.
Même si au final, Darksiders 2 fait dans le haut de gamme, il échoue tout de même et ne parvient pas à faire mieux que les autres blockbusters de la scène vidéoludique actuelle. Quand on annonce du très lourd, on doit être prêt à offrir du colossal. Finalement, c’est juste bon…

Le blabla autour des options…

Pour le reste, ma patience ayant atteint ses limites depuis un temps certain, j’ai simplement pris la peine de tendre l’oreille. Les options online, et la création du compte officiel Darksiders 2, qui ne sert grosso modo à rien, m’a pris une plombe. En effet, la longuissime démarche requiert le choix d’un pseudo, qui ne sera invalidé pour cause de « déjà utilisé par un autre Darksider » qu’à la fin du processus. Vous devrez donc refaire cette procédure, dans son entièreté, autant de fois que nécessaire, pour que votre pseudo soit enfin, peut-être validé. Youpie.
darksiders2 wiiuLa version collector, dans laquelle j’ai investi, propose le masque de Death et des babioles. 100 euros pour la déclinaison limitée et garnie, d’une déception, ça fait mal à l’orifice la plus sombre de l’anatomie humaine.
Pour ceux qui s’interrogent sur la version Wii U, elle a le mérite d’être compatible avec l’affichage sur le Game Pad. Pour le reste, aucune modification substantielle n’a été apportée.
J’éviterai, exceptionnellement, de m’attarder sur les inspirations reconnaissables dans le firmament du jeu, puisqu’à part un Skeletor raté (sans son Musclor), et un jeu annoncé comme un Zelda pour adultes, qui accouche d’un jeu électronique stressant boosté à l’esbroufe, une seule rengaine démodée me vient à l’esprit : « Que reste-t-il de nos amours, que reste-t-il de ces beaux jours… ? ».

La conclusion subjective de Vega

Vous avez envie de jouer à Darksiders mais vous avez usé le premier du nom jusqu’à la corde ? Alors, lâchez-vous, mettez votre indulgence en bandoulière et vagabondez dans l’intestin de cet Armageddon. Par contre, si vous cultivez une appréhension critique des titres que vous achetez, ou si vous attendez de cette édition qu’elle galvanise la précédente, laissez tomber et parcourez les catalogues afin de vous trouver une nouvelle licence. « Déçu » ? Vous avez dit « déçu » ?

Vega

Facebook : Vega Mike

Note

9/20

Beaucoup de bruit pour rien, sauf qu'ici, ce n'est pas une pièce de William Shakespeare... Que dire de moins ?

Réactions

  • MrBlue le 09/01/2013

    Je suis entièrement d’accord avec ton analyse, j’ai été moi même très déçu surtout pour une fois que je m’offre un jeu en Day1!

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    • Vega le 09/01/2013

      Merci pour ton commentaire… malheureusement 🙂

      Bah ouai, pour le plaisir des fans, je préférerais m’être trompé 🙂

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  • Lionheart_mike le 10/01/2013

    Dommage qu’il soit aussi pourri.

    J’avais vraiment adoré le premier opus que j’ai dévoré en très peu de temps !

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