[Retro Virus #19] Pourquoi j’aime Pac-Man ?

[Retro Virus #19] Pourquoi j’aime Pac-Man ?

STOP ! Ce mardi, on fait une pause sur le magnétoscope qui turbine dans le salon. On déballe un Raider, on s’installe dans le divan en écoutant un disque au format 45 tours et on se laisse bercer au son du générique inoubliable de Pac-Man : « Il est rond comme un ballon, jaune comme un citron, c’est Pac Man… ». Retro Virus la 19ème se penche sur le personnage le plus emblématique de notre ère vidéoludique. Voici les cinq raisons qui font de lui, l’élu de mon pad.

Premier Amour
Pac Man, j’adore tout d’abord parce qu’il a touché tous les apprenti-gamers des 80’s. En effet, ce dernier a été porté ou imité sur tellement de supports, qu’on peut difficilement être passé à coté. Pour ma part, j’ai joué à mon premier jeu vidéo sur Table Top, le Puck Monster de Lansay. Cette petite boite jaune, son écran LCD et son labyrinthe truffé de pastilles à grignoter avant de se faire soi même tapoter les fesses par un des fantômes belliqueux errant sur cet ancêtre de nos maps contemporaines, était extraordinairement addictif. Un petit stick jaune, destructeur de phalanges et résistant au possible a aussi contribué à l’immersion et l’addiction. Le graal étant évidemment la culture du high-score et les tentatives d’aller toujours plus vite, toujours plus haut.
Ma deuxième expérience vidéoludique, tourne toujours autour de la même boule jaune hyperactive et c’est sur Atari 2600 que je 
m’imposais en tant qu’acteur dans ma propre lucarne, à coup de joystick cette fois. Quel plaisir d’allumer le poste de télévision, lancer l’Atari 2600 Jr, insérer cette cartouche estampillée Pac-Man et engager une partie, avec des bruitages plus pourris que les pets de Mamy !
Enfin, lors des fêtes foraines, évènements dans les salles de sport ou autres bistrots du coin, ce sont les bornes Pac-Man qui hissaient la barre encore plus haute, en proposant des graphismes déjà meilleurs, plus colorés, plus fluides et de fait, encore plus excitants !

Bref, Pac-Man, c’est déjà au début des années 80, une expérience qui enchante et qui brille sur les 3 marchés dominants à venir, portable, console de salon et arcade.

Des origines nobles

Iwatani, le papa de Pac-Man

Le créateur de Pac Man, Toru Iwatani, a souvent donné des interviews au sujet des origines esthétiques de son poulain. Même si la théorie de la pizza a fait l’objet de plusieurs remises en question, il a à plusieurs reprises confirmé que l’idée d’une bouche ouverte, avec cette célèbre vue de profil, lui est venue d’une pizza qu’il était occupé à déguster au cours du développement. Cette illumination avait déjà fait son bonhomme de chemin au préalable puisque l’idée de base du génie japonais focalisait le projet sur un objectif prioritaire : Reconquérir le public féminin dans les salles d’arcade. Les solutions selon lui passaient par un jeu non violent, coloré, et intégrant des éléments gastronomiques. Quelle qu’est ait été la manière, l’ambition me fascine. Début des années 80, le marketing autour des jeux vidéo était toujours au stade embryonnaire et déjà, un homme s’interrogeait sur les publics cibles, et s’intéressait aux dames. Quel Gentleman le papa de Pac-Man.
Toujours au rayon origine, l’idée de la super pastille rendant le personnage invincible pendant un laps de temps  déterminé, est issue de Popeye. Popeye, un jeu, un dessin animé et une histoire eux  aussi aujourd’hui, légendaires et nostalgiques. Avec un tel pédigrée, on ne peut que s’incliner, Pac-Man, il gère. Après tous ces superlatifs, savoir que son vrai nom est Puck Man, qu’il l’a changé en Pac-Man et que cela a changé sa vie, est anecdotique.

Hardcore déguisé en casual
La force du jeu en tant que tel, outre les intentions du créateur et ses influences, repose sur le duo pourtant paradoxal : extrêmement simple et excessivement difficile.
En effet, une première partie de Pac-Man parle à tout le monde, suscite des réactions spontanées et invite au divertissement. Après quelques essais, l’addiction vous plonge dans une quête au high-score sans limite. Dès lors, le jeu est si bien pensé qu’il vous convie à exceller, au milieu des obstacles simples et progressifs. Pac-Man requiert au fur et à mesure plus de rapidité, plus de dextérité, plus d’anticipation et plus de concentration. Or, la consigne de base reste simple, le décor identique et le nombre de sprites n’augmente pas. Un seul jeu est pour moi aussi « varié et simple à la fois », Tetris. Finalement, tout tourne autour de quatre directions, et jamais une seule manipulation de plus. Ce chiffre 4, à l’origine du futur hit d’Alexey Pazhitnov résume toute la prise en main du héro. En ce sens, Pac-Man est le seul jeu qui tient tête à ce chef d’œuvre qui vient du froid, bien qu’il soit son ainé. Si Tetris vole si haut, c’est peut-être simplement parce qu’il est né sur les épaules de Pac-Man.

Les méchants fantômes
Même si tout le monde ne s’en rend pas compte, la subtilité la plus remarquable et l’idée révolutionnaire du soft concernent l’IA des ennemis. Au nombre de quatre, les fantômes ont chacun un comportement propre. Le but de la manœuvre est d’éviter qu’ils n’arrivent tous les quatre comme un chapelet statique sur Pac-Man mais justement, qu’ils attaquent tous de directions différentes. Ainsi furent présentés Inky, Pinky, Blinky et Clyde. Certains joueurs experts remettent en question le résultat « in the game » mais toujours est-il que les spectres avaient été programmés de façon à ce que Blinky soit fonceur et pourchasse Pac-Man, Pinky ait tendance à se mettre en embuscade, Inky soit imprévisible et Clyde feigne l’indifférence. Ce coup de génie transforme les parties en vraies chasses à l’homme, la pression monte et le public en furie en redemande ! (ok, j’exagère ^^)

L’héritage de Pac-Man
En 2012, Pac-Man est la personnalité la plus reconnue des américains. Au-delà des Tom Hanks et Brad Pitt, il est la référence ultime en terme de divertissement, même devant son collègue moustachu d’en face. Pac-Man symbolise Namco, une société qui a contribué à l’essor de l’industrie vidéoludique sans relâche et a mis au monde sa boule aux œufs d’or le 22 mai 1980.
Les boutiques tendances art-déco, lorsqu’elles font un clin d’œil aux jeux vidéo s’inspirent très souvent des formes de Pac-Man. Bref, il est toujours là, le grand-père des héros pixelisés des 30 dernières années.
Sur les consoles actuelles, il a également une place de choix. Pac-Man CE Edition sur le Xbox live est excellent et propose une version survatiminée du titre. Iwatani a d’ailleurs aussi participé au développement de ce remake et est très fier de cette version. Enfin, très récemment, Pac-Man a fêté ses 30 ans et une borne retro-moderne lui a été dédiée. Cette table cocktail est somptueuse et fait baver tous les collectionneurs et arcade gamers. Elle a d’ailleurs fait l’objet, en son temps, d’une page sur press-start.


borne-pacman

Pour conclure, Pac-Man est célèbre depuis plus de 30 ans. Il jouit d’une reconnaissance universelle et continue de briller de tous ses pixels sur nos écrans. Son histoire et ses origines font honneur à sa réputation. Son gameplay est un archétype de nos titres favoris. Même ses ennemis font honneur. Alors, ce petit être bonhomique, à l’origine de la contamination de tellement d’humains à la passion vidéoludique, méritait bien une petite psychanalyse sympathique dans une chronique intitulée Retro Virus, non ? Pac and Love!

 

Réactions

  • Gatchan77 le 16/10/2012

    Le jeu me saoule assez rapidement sinon j’aimais bien le dessin animé.

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  • Vega le 16/10/2012

    Merci pour les comm’s!
    Le dessin animé, j’adorais aussi… mais je pense que c’était lié à la passion du jeu 🙂

    Pour ce qui est de la jeunesse sous extasy, c’est tout à fait cela, Pac Man 🙂
    mdr

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  • PypeBros le 16/10/2012

    Et pour ceux qui se demanderait ce qu’aurait pu être Pac Man si son inventeur n’avait pas tenté « d’arrondir » le symbole japonnais pour « miam », jetez donc un coup d’oeil à Block Man par Jayenkai.

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    • Vega le 17/10/2012

      hey hey! Quel plaisir de te lire parmi nous! 🙂

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  • Gatchan77 le 16/10/2012

    Depuis que j’ai écrit mon 1er commentaire j’ai la musique du dessin animé en tête …

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  • mazbot le 16/10/2012

    Superbe souvenir vidéo ludique…Tous mon argent de poche passait dans les bornes d’arcade pour y jouer a PAC-MAN !!!

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  • Vega le 16/10/2012

    C’est clair, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on y est tous passés! 🙂

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